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Eumolpe

La mort de Marc Aurèle

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Bonsoir,

 

M'exerçant pour la première fois au thème, j'aurais besoin de vos conseils. Toutes les remarques, même (et surtout) les plus basiques sont les bienvenues.

 

Voici le texte sur lequel j'ai travaillé :

L'empereur tomba malade. Il salua sur-le-champ la mort comme la bienvenue, s'abstint de toute nourriture et de toute boisson, ne parla et n'agit plus désormais que comme du bord de la tombe. Ayant fait venir Commode, il le supplia d'achever la guerre pour ne point paraître trahir l'état par un départ précipité. Le sixième jour de sa maladie, il appela ses amis et leur parla sur le ton qui lui était habituel, c'est-à-dire avec une légère ironie, de l'absolue vanité des choses et du peu de cas qu'il faut faire de la mort. Ils versaient d'abondantes larmes : Pourquoi pleurer sur moi ? leur dit-il. Songez à sauver l'armée. Je ne fais que vous précéder ; adieu ! On voulut savoir à qui il recommandait son fils : À vous, dit-il, s'il en est digne, et aux dieux immortels.

 

RENAN, Marc Aurèle, chap. 27

 

Mon essai:

Cum imperator in morbo cedit, ilico mortem ut rem gratam salutauit, cibo potuque omnino abstinauit, nihil nisi ut homo morti uicinus locutus est egitque. Commodo ad se uocato, obsecrauit ut bellum perageret, ne profectione properato rei publicae deficere videretur. Sexto die ab initio morbi, amicos uocauit et eodem sermone quam plerumque, id est tenue cum ironia, locutus est de summa rerum uanitate et mortem rem haud grauem esse. Cum multum flerent : « Cur me lugere, dixit eis. Sit in vestris animis exercitum servandum. Ego tantum vos praegredior. Vale ! » Petitum est cui suum filium mandabat : « Vobis si dignus, dixit, diisque immortalibus. »

 

Bonne soirée !

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Je ne sais pas si quelqu'un pourra se pencher dessus en cette période estivale mais voici la suite du texte:

 

L'armée était inconsolable ; car elle adorait Marc-Aurèle, et elle voyait trop bien dans quel abîme de maux on allait tomber après lui. L'empereur eut encore la force de présenter Commode aux soldats. Son art de conserver la tranquillité au milieu des plus grandes douleurs lui faisait garder, en ce moment cruel, un visage calme. Le septième jour, il sentit sa fin approcher. Il ne reçut plus que son fils, et il le congédia au bout de quelques instants, de peur de le voir contracter le mal dont il était atteint ; peut-être ne fut-ce là qu'un prétexte pour se délivrer de son odieuse présence. Puis il se couvrit la tête comme pour dormir. La nuit suivante, il rendit l'âme.

 

Nullum solacium erat exercitui qui Marcum Aurelium ueneraret clariusque videbat eo defuncto res pessimas fore. Imperator etiam Commodum militibus tradere potuit. Servando inter maximas dolores tranquillitatis egit ut in crudele tempo uultus inmutatus seruauit. Septo die cum exitus appropinquare senseret, filium admisit solum, quem brevem post tempus missum fecit, timens ne eodem malo quam se percelleretur, aut fortasse nominem mali usus esset causa liberandi re invisa. Post id, caput texit ut ad dormiendum et sequente nocte exspirauit.

 

 

Bonne journée !

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Bonjour,

N'oubliez pas qu'un thème est un exercice très difficile à corriger : idéalement, vous ne devriez tenir compte que de l'avis des correcteurs habilités à vous noter, car vous devez vous tromper de la même façon qu'eux pour obtenir des notes satisfaisantes.

 

Sinon, voici mon avis (personnel et perfectible, évidemment) :

 

Cum imperator in morbo cedit : in adversam valetudinem incidisset / morbum nactus esset

ilico : statim

abstinauit, : abstinuit

nihil nisi ut homo morti uicinus locutus est egitque : nec iam quicquam neque dixit neque egit nisi ut in morte proxima.

perageret : conficeret

profectione properato : ocius decedens

Sexto die ab initio morbi : sexto morbi die

amicos uocauit et : evocatis amicis

eodem sermone quam plerumque id est tenue cum ironia : sermone eo levi ironia tincto utens quo uti solebat

, locutus est de summa rerum uanitate et mortem rem haud grauem esse : omnia omnino inania esse mortemque contemnendam esse docuit.

. « Cur me lugere, dixit eis. Cur me lugetis

Sit in vestris animis exercitum servandum. Cavete ut exercitus servetur

Vale ! » : Valete

Petitum est cui suum filium mandabat : Rogatus cui filium commendaret

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idéalement, vous ne devriez tenir compte que de l'avis des correcteurs habilités à vous noter, car vous devez vous tromper de la même façon qu'eux pour obtenir des notes satisfaisantes.[/color]

 

Exactement!

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Merci beaucoup de vos conseils ! Je vais étudier tout cela.

 

Pour ce qui est du correcteur, j'espère pouvoir passer l'agrégation cette année mais pour diverses raisons je ne pourrai le faire qu'en candidat libre et ne bénéficierai donc pas de l'aide d'un professeur d'université.

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je ne pourrai le faire qu'en candidat libre et ne bénéficierai donc pas de l'aide d'un professeur d'université.

Nous ferons le maximum. Ce que je voulais dire est qu'il existe toujours plusieurs solutions pour traduire un texte littéraire français en latin (et en plus, pour l'agrég, il faut imiter Cicéron, non ?), ce qui est encore compliqué par notre connaissance imparfaite du fossé culturel qui nous sépare des Romains. Alors, chacun a sa petite idée, forcément discutable.

Bon travail :)

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Merci de vos encouragements. Je ne sais pas encore combien de temps je pourrais consacrer à cette préparation mais ça ne sera clairement pas assez alors je passe un peu pour voir et beaucoup par plaisir. Il me faudra beaucoup, beaucoup de thèmes pour arriver à imiter Cicéron :)

 

D'après vos remarques, j'ai l'impression que je n'utilise pas assez le participe, notamment pour rendre une phrase française composée de deux verbes conjugués: "Il fit ceci et il fit cela" devenant "Faisant ceci, il fit cela".

 

Merci !

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ou plutôt: "ceci (ayant été) fait, il fit cela", qui est en effet très latin. Quant à l'imitation de Cicéron, on m'a fait le coup aussi (M.L. Podvin, mon excellent prof. de fac.) dans les années 60; j'avais planché sur la tirade du commandeur à son fils: Don Juan. "...la naissance n'est rien où la vertu n'est pas...etc...

Avec le recul du temps, je trouve qu'il fallait être vraiment "culotté" pour prétendre savoir comment Cicéron aurait écrit cette tirade.

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