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Déclamation pseudo-quintilienne


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Bonjour!

 

Je serais curieuse d'avoir votre avis sur un passage assez problématique d'une déclamation :unsure: .

 

Hoc erat, ubi iacebat aeger, illud tot annorum, ex quo coepit pirata grassari, idem cubile. Corpus, quod gravatur assidentium sedulas manus, iacet inter vincula, quibus instrinxerat adhuc recentem pirata captivum, et quamvis tenuata de nexibus membra labantur, rursus in modum stringentium tenent, quae nullo suspensa nisu velut victo homine sederunt.

 

voilà la traduction donnée en classe:

 

Voilà la couche où était étendu mon fils malade, la même depuis tant d'années, depuis que les pirates ont commencé à rôder. Ce corps, qui trouverait lourd les mains attentives de ceux qui le soignent, gît entre les liens, par lesquels les pirates avaient attaché le tout nouveau prisonnier, et bien que ses membres fatigués pouvaient glisser de leurs entraves, elles (vincula) tiennent à la manière de choses qui étreignent, elles qui sont enfonçées, suspendues par aucun effort, comme dans un homme vaincu.

 

Et voilà ma retraduction:

 

Voilà le lit où était étendu le malade, le même depuis tant d’années, depuis que les pirates ont commencé à se livrer au pillage. Ce corps, qui serait importuné par les mains empressées de ses voisins, gît entre les chaînes avec lesquelles les pirates avaient attaché le captif encore en bonne santé/nouveau(?) et bien que ses membres amaigris glissent de leurs liens, ils (membra) le (corpus, ou bien hominem) tiennent en arrière à la façon de(s liens ?) qui étreignent, membres qui, suspendus par aucun effort, restent immobiles comme si l’homme était vaincu.

 

Au début les problèmes concernent plutôt le voc: gravaretur, assidentium, recentem...

 

Je ne comprends pas vraiment non plus : rursus in modum stringentium tenent, quae nullo suspensa nisu velut victo homine sederunt :blink:

 

Quel est le sujet de tenent ? son objet, s'il y en a un ?

Que reprend quae ?

victo homine est-il un ablatif absolu ? Sinon, qu'est-ce ?

 

Enfin, comment se représenter la scène ? Les membres du malade ont glissé de leurs liens, mais ils restent dans la même position, immobiles ?

 

 

 

Au cas où cela vous serait utile :rolleyes: , voilà le thème de la déclamation:

 

Le malade racheté. Les enfants devront nourrir leurs parents dans le besoin sous peine d'emprisonnement. Un homme avait 2 fils, l'un vertueux et l'autre débauché. ils furent capturés un jour par des pirates. le fils débauché tomba malade. tout les deux écrivirent pour qu'on les rachète. Leur père, après avoir converti tous ses biens en argent, partit à leur recherche. Les brigands lui dirent qu'il avait amené une rançon pour un seul qt qu'il devait choisir lequel de ses fils il voulait. Le père racheta le fils débauché, qui mourut pendant le voyage de retour. L'autre s'enfuit. Le père demande qu'il l'entretienne. Il s'y oppose.

 

Ici c'est une partie du discours du père, qui décrit l'état de son fils malade pour inspirer la pitié aux juges.

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Hoc erat, ubi iacebat aeger, illud tot annorum, ex quo coepit pirata grassari, idem cubile. Corpus, quod gravatur assidentium sedulas manus, iacet inter vincula, quibus instrinxerat adhuc recentem pirata captivum, et quamvis tenuata de nexibus membra labantur, rursus in modum stringentium tenent, quae nullo suspensa nisu velut victo homine sederunt.

 

voilà la traduction donnée en classe:

 

Voilà la couche où était étendu mon fils malade, la même depuis tant d'années, depuis que les pirates ont commencé à rôder. Ce corps, qui trouverait lourd les mains attentives de ceux qui le soignent, gît entre les liens, par lesquels les pirates avaient attaché le tout nouveau prisonnier, et bien que ses membres fatigués pouvaient glisser de leurs entraves, elles (vincula) tiennent à la manière de choses qui étreignent, elles qui sont enfonçées, suspendues par aucun effort, comme dans un homme vaincu.

 

Et voilà ma retraduction:

 

Voilà le lit où était étendu le malade, le même depuis tant d’années, depuis que les pirates ont commencé à se livrer au pillage. Ce corps, qui serait importuné par les mains empressées de ses voisins, gît entre les chaînes avec lesquelles les pirates avaient attaché le captif encore en bonne santé/nouveau(?) et bien que ses membres amaigris glissent de leurs liens, ils (membra) le (corpus, ou bien hominem) tiennent en arrière à la façon de(s liens ?) qui étreignent, membres qui, suspendus par aucun effort, restent immobiles comme si l’homme était vaincu.

 

gravaretur v. Gaffiot gravo II 3

assidentium v. Gaffiot adsideo "être assis près de" ; participe présent actif substantivé "ceux qui sont assis près" (du malade pour le soigner) ; G. pluriel c. déterminatif de manus

recentem : de recens, recentis "nouveau". L'idée est que le prisonnier a été ligoté dès sa capture (le captif était "encore nouveau") et est resté lié longtemps.

 

Je ne comprends pas vraiment non plus : rursus in modum stringentium tenent, quae nullo suspensa nisu velut victo homine sederunt :blink:

 

Quel est le sujet de tenent ? c'est vincula à reprendre du quae qui précède -- et de celui qui suit... son objet, s'il y en a un ? membra sous-entendu

Que reprend quae quae reprend vincula ?

victo homine est-il un ablatif absolu ? Oui

 

Enfin, comment se représenter la scène ?Les membres du malade ont glissé de leurs liens, mais ils restent dans la même position, immobiles ? Les membres sont assez amaigris pour sortir des liens mais les liens restent en place parce que le malade, "vaincu", n'a même pas la force de s'en défaire. Les liens "tiennent" les membres in modum stringentium "à la manière [de liens] qui serrent", mais c'est uniquement parce que le malade ne bouge pas.

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Merci Beaucoup! Je comprends mieux maintenant! :)

 

J'ai encore quelques phrases à vous soumettre:

 

Ad quae colloquia tristitia respiraret?

Par quelles conversations se remettrait-on de sa tristesse?

 

Je ne suis pas vraiement convaincue... le Gaffiot donne respirare a metu "se remettre de sa crainte". Mais ici il n'y a pas de ab devant tristitia. Et puis je ne vois pas comment ad peut se traduire par "par".

 

 

"hoc est ergo, inquit, quod de te praecipue queror: moriturum mihi praetulisti." Quaeso, iuvenis, ne nobis putes tantum inesse feritatis ut illum potuerimus aestimare moriturum. [...] Hominis, qui apud piratas languet, unum remedium putes, ut redimatur.

Sed non est, quaeso, iuvenis, quod hoc patrocinium de tam calamitosa pietate concipiam, ut dicam: victurum putavi

 

"C’est de cela, dit-il, dont je me plains avant tout à ton sujet : tu m’as préféré quelqu’un qui allait mourir." Je te prie, jeune homme, de ne pas croire qu’il y ait en nous tant de cruauté que nous ayons pu penser qu’il allait mourir. [...]

Mais ce n’est pas, je te prie [de me croire], jeune homme, parce que je conçois cette défense à partir d’une affection tellement funeste que je dise : j’ai pensé qu’il vivrait.

 

J'ai une autre traduction pour la dernière phrase: Mais ce n'est pas cela (qui explique le rachat); je me suis chargé de cette protection, je te supplie (de me croire), jeune homme, à partir d'un sentiment funeste, comme je te l'ai dit : j'ai pensé qu'il vaincrait sa maladie.

 

Il me semble que la première est un peu plus correcte, mais je ne comprends quand même pas le sens. Est-ce qu'il reste des fautes?

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Ad quae colloquia tristitia respiraret?

Par quelles conversations se remettrait-on de sa tristesse?

Litt. "En se tournant vers quelles conversation sa tristesse devait-elle trouver un soulagement ?" ("reprendre haleine", si on veut) -- respiraret subjonctif délibératif.

 

Je ne suis pas vraiment convaincue... le Gaffiot donne respirare a metu "se remettre de sa crainte". Mais ici il n'y a pas de ab devant tristitia. Et puis je ne vois pas comment ad peut se traduire par "par".

 

 

"hoc est ergo, inquit, quod de te praecipue queror: moriturum mihi praetulisti." Quaeso, iuvenis, ne nobis putes tantum inesse feritatis ut illum potuerimus aestimare moriturum. [...] Hominis, qui apud piratas languet, unum remedium putes, ut redimatur.

Sed non est, quaeso, iuvenis, quod hoc patrocinium de tam calamitosa pietate concipiam, ut dicam: victurum putavi

 

"C’est de cela, dit-il, dont je me plains avant tout à ton sujet : tu m’as préféré quelqu’un qui allait mourir." Je te prie, jeune homme, de ne pas croire qu’il y ait en nous tant de cruauté que nous ayons pu penser qu’il allait mourir. [...]

Mais ce n’est pas, je te prie [de me croire], jeune homme, parce que je conçois cette défense à partir d’une affection tellement funeste que je dise : j’ai pensé qu’il vivrait. (beaucoup de bon, là-dedans ! :)

 

J'ai une autre traduction pour la dernière phrase: Mais ce n'est pas cela (qui explique le rachat); je me suis chargé de cette protection, je te supplie (de me croire), jeune homme, à partir d'un sentiment funeste, comme je te l'ai dit : j'ai pensé qu'il vaincrait sa maladie. N.B. concipiam et dicam sont des subjonctifs présents

 

Il me semble que la première est un peu plus correcte, mais je ne comprends quand même pas le sens. Est-ce qu'il reste des fautes?

Euh... Ce latin-là n'est pas très facile : boursouflé et manquant d'équilibre. C'est vraiment du pseudo-... Alors, peut-on vraiment parler de "fautes" ?

 

non est quod + subj. : "il n'y a pas de raison que..." => "il n'y a pas de raison que je conçoive cette défense à partir d'une affection aussi funeste que je dise : j'ai pensé qu'il vivrait" Le sens : le père se défend d'avoir choisi ce fils-là en pensant que lui au moins allait survivre. Cela aurait été bien trop affreux pour l'autre ! Le père retourne donc l'argument de son fils accusateur qui lui reproche de ne pas avoir choisi en fonction d'un critère de froide "utilité". Le père a choisi le plus malheureux, c'est plus humain !... sans penser "froidement" aux chances de survie.

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