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Catulle de Vérone


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Bonsoir à toutes et à tous,

Je me permets de poster dans la rubrique étudiante, car je reste étudiant dans l'âme. Plus sérieusement, je n'ai pas trouvé de rubrique appropriée à mon cas… Je me présente brièvement : je suis un tout jeune professeur certifié de Lettres Classiques, et je me relance dans la terrible aventure (ô combien édifiante !) de l'agrégation, et Catulle (parce que je n'ai pas encore attaqué les autres, à mon grand dam…) me donne déjà du fil à retordre.

Je ne vais pas vous donner toutes mes traductions, je vais me contenter de poser des questions ciblées. Elles sont souvent en lien avec la grammaire… difficile, quand on n'enseigne que le français, de rester au taquet en grammaire… et encore, le latin revient bien plus vite que le grec…


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CHANT 1

v. 9-10
[…] quod, o patrona uirgo,
Plus uno maneat peremne sæclo.

J'y vois un quod+subj, sorte d'exclamation (de mémoire, je n'ai ni mon précis ni mon Sausy à portée…). L'expression "patrona uirgo" me pause problème par l'inélégance de la traduction "vierge patronne" ; j'y préfère "vierge protectrice", pour respecter l'utilisation adjectivale de "uirgo" qu'on retrouve dans "Vierge Marie", mais bon… patronne ou protectrice, même si on est proche du latin, c'est laid… la "vierge tutélaire" est merveilleux, mais "tutélaire" n'est pas le "patrona" et se trouve en adjectif…. Je sèche donc. Le "plus uno sæclo" me pause aussi problème. George Lafaye (1923…) propose "au-delà d'un siècle". J'envisageais de garder la valeur de l'ablatif : "pour plus d'un siècle" voire "pour un siècle de plus", ce qui accentuerait le "unus" je pense.

=> "… qu'il reste en bon état, ô vierge protectrice, pour un siècle de plus." (ma proposition de traduction)

CHANT 2

v. 5-7
Cum desiderio meo nitenti
Karum nescio quid lubet iocari
Et solaciolum sui doloris

Le "lubet" (libet) est pour moi ici un impersonnel suivi de l'infinitif, mais je n'arrive pas à une traduction élégante, peut-être à cause du flou de l'analyse grammaticale qui entoure ces trois vers… Le participe "nitenti", que je rattache à "desiderio meo", a été quelque peu délicat à traduire. Le "solaciolum" occupe pour moi la même fonction que "karum" vis-à-vis du "nescio quid" mais impossible de trouver une tournure adéquate. L'utilisation d'un gérondif me semble trop maladroit.

=> "…quand il plaît à mon riant plaisir de badiner avec je ne sais quel charme en consolation légère de sa douleur." (id.)

CHANT 3

v. 17-18

Tua nunc opera meæ puellæ
Flendo turgiduli rubent ocelli.

Première remarque, le "meæ puellæ" ; il s'agit pour moi du même qu'en 2,1, 3,3 et 3,4. Il faudrait donc garder la même tournure (et pareillement pour la suite, dès que Catulle désigne sa Lesbie par "meæ puellæ"). Mais ça, je pense que vous serez tous d'accord avec moi. Ma deuxième remarque porte sur le "flendo". Sur internet, on le fond dans les traductions avec le verbe "rubent". C'est logique en français, mais pour moi ce n'est pas le latin (et on pourrait me le reprocher en concours ?). George Lafaye ne fait pas mieux qu'eux : "les beaux yeux de mon amie sont gonflés et tout rouges de larmes". Pour moi, les "ocelli" (N. pl.) sont "flendo turgiduli" avant d'être "rubent", donc "gonflés par le fait de pleurer", et donc sont devenus "rouges". Je passe donc par le nom pluriel de "pleurs" pour rendre cette idée. Qu'en pensez-vous ?

=> "Par ta faute à présent les yeux de ma bien-aimée, gonflés par les pleurs, sont rouges."

CHANT 4

v. 3-4

Neque ullius natantis impetum trabis
Nequisse præterire

C'est ici surtout le nom "impetum" qui m'embête. C'est un élan, un mouvement en avant, la vitesse. Je vois l'image. Mais ce n'est pas le mot "course" proposé par le traducteur. Problème de purisme ? En tout cas ma traduction sonne maladroite je trouve :

=> "[la felouque dit] et que l'élan d'aucun vaisseau ne pouvait la devancer".

v. 6-7

Et hoc negat minacis Adriatici
Negare litus insulasue Cycladas

Ici, "negat" + prop. inf., donc sujets à l'accusatif. Soit. Mais la double négation… j'ai essayé de garder l'ordre latin, en mettant lesdits sujets après le verbe à l'infinitif. C'est un peu trop lourdingue… mais je me voyais mal déplacer l'accumulation de Catulle avant cet infinitif. Sur internet,on propose une alternance avec "ni", mais celle-ci n'est pas dans le texte… Je ne suis pas sûr qu'isoler la "le rivage de la menaçante Adriatique" avant l'infinitif et omettre celui-ci par la suite dans une accumulation soit plus heureux.

=> "Et elle dit que ne peuvent le nier le rivage de la menaçante Adriatique ou les îles des Cylcades".

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Je remercie celles et ceux qui se pencheront sur ces quelques remarques et oseront m'aider. Le chant 5 était magnifique bien que délicat à traduire. Je suis dans le chant 6 actuellement. Je vais essayer d'aller un peu plus vite à présent, et si d'autres questions me viennent en cours de traduction, je vous en ferai part de façon groupée comme ici pour ne pas saturer la conversation de messages.

Encore merci et au plaisir d'échanger avec vous toutes et tous,

Au plaisir,

Lautréamont

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Bonjour , cher Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (ou Latréaumont, d'ailleurs) ! :)

 

Félicitation pour votre entreprise. Vous avez toutes vos chances si vous fournissez le (gros) effort nécessaire. Je suis passé par là, et je sais ce que coûte la préparation à l'agrégation avec un service complet d'enseignement à assurer.

Je connais bien l'œuvre de Catulle, et je serai heureux de vous aider en compagnie de mes collègues du forum.

 

Une première remarque : on ne dit pas "chant", mot réservé à la poésie épique, mais "poème" (carmen), tout simplement.

Poème 1 :

a) quod est un relatif de liaison dont l'antécédent est quicquid ; litt. : "accepte quoi que ce soit de ce petit livre, quel qu'il soit ; (et) que celui demeure...".

b) Le mot patrona, féminin de patronus, évoque bien l'idée de protection dans l'imaginaire des Romains. Pourquoi pas "vierge, ô toi ma protectrice" ?

c) saeclo est évidemment complément du comparatif plus ; litt. : "plus d'un siècle" (plus est ici un adverbe).

 

Nous verrons la suite ultérieurement.

 

 

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Merci, Jacques, pour votre message. J'aurais rajouté "Letraitducon", en plus vulgaire et moins fin… et je suis agréablement touché par vos encouragements. J'ai réussi à garder mes niveaux pour l'année prochaine, mais les corrections en lycée et BTS, c'est chaud patate. M'enfin, on va faire avec !
 

Je réponds d'abord à votre message, puis j'en posterai un autre demain je pense, car je viens d'atteindre à l'instant le poème 13. J'étais au fait pour la poésie épique, mais le terme de carmen m'a confondu.

Poème 1

a) je n'ai jamais su maîtriser, en latin comme en grec, le relatif de liaison, ou trop maladroitement… puis-je en ce cas, si je réintroduis un "et" pour montrer que j'ai vu le relatif de liaison, supprimer le ";" ?
b) tout à fait, le "patronus" comme fait social à Rome également. L'ovation n'est pas dans le texte… et j'aime pas les ovations… (je suis très compliqué… je planche toujours sur un couple de mots où je maintiendrai le "vierge" en adjectif, mais où je trouverais un nom élégant pour traduire l'idée de protection.
c) vous privilégiez donc "pour plus d'un siècle" à "pour un siècle de plus" ? J'avais vu que c'était un adverbe.

Je vous remercie pour vos remarque, et j'ai bien hâte de vous relire. Ça fait bien deux ans que j'ai quitté la fac, je n'ai plus de cours de latin, d'où mon désarroi face à certains faits de langue.

Au plaisir,

Lautréamont

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Bonjour L.

Il faut en effet introduire un "et". Mais dois-je comprendre que vous rédigez intégralement vos traductions ?

Voici la suite :

II, v. 5-7
Cum desiderio meo nitenti
Karum nescio quid lubet iocari
Et solaciolum sui doloris

a) Je propose « radieux » pour nitenti ; « riant » ne convient pas à l’objet du désir, la femme aimée (on a bien sûr ici une métonymie).

 

b) solaciolum étant un nom, il ne peut être sur le même plan que karum, il répond plutôt à nescio quid. La traduction est évidemment délicate ; je propose : « …s’adonner à je ne sais quel tendre ébat et à un petit apaisement de sa douleur ».

 

III, v. 17-18
Tua nunc opera meæ puellæ
Flendo turgiduli rubent ocelli.

a) Pour ce qui est de « puellae », une variété des traductions est possible, surtout quand le mot est présent dans deux vers consécutifs ou très proches. Le français n’aime pas les répétitions alors que le latin les accepte.

b) Une parenthèse ne dites jamais « j’ai lu telle chose sur Internet » à un jury, indiquez la source exacte ; Internet n’est qu’un média…

c) Pour flendo, pourquoi pas « à force de pleurer » ?

IV, v. 3-4
Neque ullius natantis impetum trabis
Nequisse præterire

a) Soit pour « felouque », mais la réalité est un peu anachronique ; d’autre part, regardez la note de G. Lafaye (n° 2 p. 4).

Il faudrait trouver un autre mot que « vaisseau » pour trabis, qui fait image.  

b) Pour impetus, je n’ai pas mieux que « élan » ou « course ».

v. 6-7
Et hoc negat minacis Adriatici
Negare litus insulasue Cycladas

Efforcez-vous de placer le groupe verbal de la dépendante dès le début, et de coordonner par ou quand vous avez -ve et ni quant il y a –que (la construction de la négation n'est pas très classique, c'est fréquent en poésie, attention en thème !

« Il affirme que ce n'est pas le rivage de l'Adriatique menaçante qui le contredit, ou...   ni... »

Pensez à la scansion ! Dans le poème 4, vous avez des sénaires iambiques purs : beau trait de virtuosité !

Cordialement.

 

 

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Le 24/06/2022 à 02:18, Lautréamont a dit :

Bonjour,

Jacques vous a déjà bien conseillé. Je me permets d'écrire mes interventions (en bleu) à même vos réflexions, ce qui allonge la sauce...

 

________________________CHANT 1

v. 9-10
[…] quod, o patrona uirgo,
Plus uno maneat peremne sæclo.

J'y vois un quod+subj, sorte d'exclamation (de mémoire, je n'ai ni mon précis ni mon Sausy à portée…).Maneat est un subjoncif de souhait : «  Puisse-t-il perdurer… » L'expression "patrona uirgo" me pause (POSE) problème par l'inélégance de la traduction "vierge patronne" ; j'y préfère "vierge protectrice", pour respecter l'utilisation adjectivale de "uirgo" qu'on retrouve dans "Vierge Marie", mais bon… patronne ou protectrice, même si on est proche du latin, c'est laid… la "vierge tutélaire" est merveilleux, mais "tutélaire" n'est pas le "patrona" et se trouve en adjectif….Patrona peut être un subst : Vierge, (ma) protectrice.La ponctuation n’existant pas dans les manuscrits, vous pouvez très bien envisager une virgule entre patrona et virgo.  Je sèche donc. Le "plus uno sæclo" me pause (pose)aussi problème. George Lafaye (1923…) propose "au-delà d'un siècle". J'envisageais de garder la valeur de l'ablatif : "pour plus d'un siècle" voire "pour un siècle de plus", ce qui accentuerait le "unus" je pense. Uno… saeclo  est une hyperbate qui met  uno  en évidence : Plus qu’un SEUL siècle.

=> "… qu'il reste en bon état, ô vierge protectrice, pour un siècle de plus." (ma proposition de traduction)



CHANT 2

v. 5-7
Cum desiderio meo nitenti
Karum nescio quid lubet iocari
Et solaciolum sui doloris

Le "lubet" (libet) est pour moi ici un impersonnel suivi de l'infinitif, mais je n'arrive pas à une traduction élégante, peut-être à cause du flou de l'analyse grammaticale qui entoure ces trois vers… Le participe "nitenti", que je rattache à "desiderio meo", a été quelque peu délicat à traduire. Le "solaciolum" occupe pour moi la même fonction que "karum" vis-à-vis du "nescio quid" mais impossible de trouver une tournure adéquate. L'utilisation d'un gérondif me semble trop maladroit.

=> "…quand il plaît à mon riant plaisir de badiner avec je ne sais quel charme en consolation légère de sa douleur." (id.)

S’il y a bien un passage ambigu parmi ceux que vous proposez, c’est bien celui-là ! N’étant pas Français, j’ignore la procédure suivie en agrégation en France. Pour ma part jamais je ne demanderai à un candidat à l’agrégation en Belgique de traduire non seulement ce passage mais également Catulle tant ce poète est insaisissable. Je pense d’ailleurs que si vous êtes interrogé sur le Véronais, il serait bon d’insister sur le fait que, plus que tout autre poète, Catulle avance masqué. Jacques pourra vous être de meilleur conseil que moi à ce sujet.

Nitenti vient-il de niteo  ou nitor ? Les commentateurs hésitent…

Desiderio constitue un typique double sens et peut désigner aussi bien l’être aimé que la nostalgie qu’il inspire de sorte que suis doloris et plus loin (v.8) gravis ardor reviennent aussi bien à Catulle qu’à son amie.



CHANT 3

v. 17-18

Tua nunc opera meæ puellæ
Flendo turgiduli rubent ocelli.

Première remarque, le "meæ puellæ; il s'agit pour moi du même qu'en 2,1, 3,3 et 3,4. Il faudrait donc garder la même tournure (et pareillement pour la suite, dès que Catulle désigne sa Lesbie par "meæ puellæ »). Á propos de « puella » , veillez à ne pas y voir systématiquement « Lesbia » et à ne pas exagérer le rôle de « Lesbia » dans la vie sentimentale du poète. Sur les 116 pièces du corpus, Lesbia est mentionnée 16 fois à travers 13 carmina. Elle ne fut pas la seule amie du poète : Il y eut  également Ipsitilla,Aufillena, Amaeana, Rufa, Quintia et aussi des amants : Veranius, Juventius. Sans compter, et ce n'est pas secondaire, que « puella » peut désigner également la poésie ce que des commentateurs n’ont pas hésité à dire à propos du carmen 3 justement. Mais ça, je pense que vous serez tous d'accord avec moi. Ma deuxième remarque porte sur le "flendo". Sur internet, on le fond dans les traductions avec le verbe "rubent". C'est logique en français, mais pour moi ce n'est pas le latin (et on pourrait me le reprocher en concours ?). George Lafaye ne fait pas mieux qu'eux : "les beaux yeux de mon amie sont gonflés et tout rouges de larmes". Pour moi, les "ocelli" (N. pl.) sont "flendo turgiduli" avant d'être "rubent", donc "gonflés par le fait de pleurer", et donc sont devenus "rouges". Je passe donc par le nom pluriel de "pleurs" pour rendre cette idée. Qu'en pensez-vous ? Turgiduli et rubent peuvent selon moi se raccrocher tous deux à flendo : les pleurs gonflent et rougissent les ocelli.

Attention aux diminutifs : ils peuvent exprimer l’affection, la commisération, l’ironie, le mépris, l’apitoiement MAIS DIMINUENT RAREMENT, ce qui ne rend pas les traductions aisées. Mais, j’ai cru bon de l’écrire, Catulle est  insaisissable , il  avance masqué. H. Bardon traduit ocelli  par «  les grands beaux yeux »(Sic). Comment traduiriez-vous   turgiduli ?...

=> "Par ta faute à présent les yeux de ma bien-aimée, gonflés par les pleurs, sont rouges."

CHANT 4

v. 3-4

Neque ullius natantis impetum trabis
Nequisse præterire

C'est ici surtout le nom "impetum" qui m'embête. C'est un élan, un mouvement en avant, la vitesse. Je vois l'image. Mais ce n'est pas le mot "course" proposé par le traducteur. Problème de purisme ? En tout cas ma traduction sonne maladroite je trouve :

=> "[la felouque dit] et que l'élan d'aucun vaisseau ne pouvait la devancer".

 

Tout d’abord, n’oubliez pas que Phaselus   est personnifié.( Pardon d’être aussi intrusif mais sait-on jamais au cours de vos épreuves d’agrégation…). Il est l’allégorie de Catulle, de sa vie; peut-être  est-il aussi l’incarnation du manifeste littéraire des poetae novi, et N’ AURAIT rien à voir avec un fait précis de sa biographie. (Mais les interprétations sont nombreuses et variées…) Phaselus peut se traduire de différentes manières : « esquif, barque, bateau, nef, canot etc. »

Impetum : « …que nulle embarcation, dans sa rapidité , n’était capable de le (la) dépasser.

La traduction « course » - je propose « rapidité »- est   amenée par celerrimus, volare  et praeterire. « Course » est une bonne traduction, d’autant plus que  Catulle s’est inspiré du Grec Callimaque : Sur mer je voguais, tantôt dans le vent, et tendant ma voile à mes cordages, tantôt sur les eaux calmes où régne Galéné, la brillante déesse, et ramant vigoureusement avec mes pieds . Et ainsi je justifiais mon nom . Cela jusqu'au jour où j'échouai aux rivages d'Ioulis… ( Épigramme 5). Et Ovide se souviendra du c.4 en Tristes , I,10 : « Déploie-t-on les voiles, il glisse au moindre souffle ; agite-t-on les rames, il obéit aux efforts du rameur ; non content de vaincre à la course les autres vaisseaux qui l'accompagnent, il rejoint ceux qui l'ont devancé au sortir du port ; il résiste à la lame, il soutient le choc des vagues les plus hautes, et, battu par les flots furieux, il ne faiblit jamais. »

Et hoc negat minacis Adriatici
Negare litus insulasue Cycladas

Ici, "negat" + prop. inf., donc sujets à l'accusatif. Soit. Mais la double négation… j'ai essayé de garder l'ordre latin,( vouloir garder l’ordre latin n’est pas toujours judicieux) en mettant lesdits sujets après le verbe à l'infinitif. C'est un peu trop lourdingue… mais je me voyais mal déplacer l'accumulation de Catulle avant cet infinitif. Sur internet,on propose une alternance avec "ni", mais celle-ci n'est pas dans le texte… Je ne suis pas sûr qu'isoler la "le rivage de la menaçante Adriatique" avant l'infinitif et omettre celui-ci par la suite dans une accumulation soit plus heureux.

=> "Et elle dit que ne peuvent le nier le rivage de la menaçante Adriatique ou (et) les îles des Cylcades".Cyclades !

VV7-9 : ve…que…que…ve.  C’est une accumulation que je n’hésiterais pas à rendre dans la traduction.  Ve peut équivaloir à et.

Le 24/06/2022 à 02:18, Lautréamont a dit :

 

 

 




 

 

 

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Bonjour à tous les deux, et merci pour vos remarques. Je vous réponds plus amplement sous peu, en éditant ce message.

Il y a 22 heures, jacques a dit :

Il faut en effet introduire un "et". Mais dois-je comprendre que vous rédigez intégralement vos traductions ?

Je ne suis pas sûr de vous comprendre. J'essaie de vous mettre en PJ deux-trois photos. La première, extrait du budé : je travaille dessus le texte directement, quand c'est un peu douteux ou alambiqué, j'annote mon édition. Je fais des flèches pour les renvois, etc. Le vocabulaire que je ne connais pas, je le mets en marge. Les remarques syntaxiques, je peux les ajouter en marge (certaines de vos remarques, je vais les reproduire sur le texte pour y voir plus clair). Et ensuite, dans un cahier, je fais ma juxtalinéaire, que je modifie en fonction de vos remarques selon les difficultés rencontrées.

Cette juxtalinéaire que je fais, je vais l'apprendre par cœur, du moins le plus possible, pour préparer l'épreuve de l'oral de l'agrégation.

 

Il y a 22 heures, jacques a dit :

b) Une parenthèse ne dites jamais « j’ai lu telle chose sur Internet » à un jury, indiquez la source exacte ; Internet n’est qu’un média…

Je ne compte pas dire cela à l'agrégation… là je vous fait part de mes remarques par rapport aux difficultés rencontrées. Je donne mon avis sur la construction (quand j'en ai une), je fais part de ce que j'ai pu trouver sur des sites de traductions, sur d'autres éditions, etc. ces remarques nous sont destinées pour échanger sur ce forum, pour vous montrer vers quoi je m'orienter, et ainsi vous montrer que j'ai réfléchis au problème et que je ne vous envoie pas systématique tout les passages sur lesquels je bloque sans aller chercher à débloquer moi-même le problème avant… je ne vois pas l'intérêt de ne pas réfléchir, et d'attendre sagement qu'on me donne des réponses toutes faites…

 

Par exemple, suite à la remarque que vous avez faites sur les relatif de liaison, j'ai re-consulté les leçons dans l'abrégé et dans la Sausy (que j'ai récupéré), pour réviser le point de grammaire. Je dois maintenant le re-digérer et le ré-assimiler, c'est une autre affaire, mais c'est ça que je recherche : des points précis à réviser, à cibler, en fonction de mes difficultés.

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Sur ce, 1) je traduis le poème 15 là maintenant ; 2) je publie un nouveau message avec mes questions sur les poèmes 6-15 ; 3) je réédite le présent message pour vous répondre, Jacques, et vous aussi, Bill (merci beaucoup d'avoir tout annoté ainsi ! merci merci !) — il se peut que je vous réponde plutôt demain car je dois retourner à ma lecture de Proust aussi… je n'ai pas que le latin à travailler malheureusement…

Merci à vous deux et à très bientôt,

Lautréamont

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J'ai donc poursuivi la traduction des poèmes de Catulle, et voici mes nouvelles interrogations.

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Poème 6

v. 6-11
Nam te non uiduas iacere noctes
Nequiquam tacitum cubile clamat
Sertis ac Syrio fragrans oliuo,
Pulvinusque peræque et hic et ille
Attritus, tremulique cassa lecti
Argutatio inambulatioque.
=> "Car tu ne laisses pas veuves les nuits de ta présence, ta couche muette/silencieuse le crient en vain en embaumant fortement les guirlandes et l'huile de Syrie, et les oreillers qui sont usés pareillement l'un et l'autre, le bavardage disloqué du lit branlant et ses va et vient." (trad. mienne)

Je trouve ma traduction laborieuse. Je pense que la première difficulté que j'ai rencontré se trouve dans la juxtaposition des deux verbes uiduas et clamat (le nequiquam est pour moi un adverbe : "en vain"). Le clamat a pour moi plusieurs sujets. Plus que clamer, en gros, si j'ai bien compris, le lit de Flavius est un lit dérangé par les multiples ébats amoureux de ce célibataire. Donc le lit clame, dénonce, cet acte extraconjugal. Le lit témoigne, mais également les oreillers dérangés (le lit est défait), le lit qui est défoncé (il craque, donc bavarde, grince…) car il n'a pas dû supporter les ébats. J'ai compris ça. De là à le rendre dans ma traduction… mon pluriel en français me paraît maladroit… je ne suis peut-être pas clair.

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Poème 7

v. 3-4
Quam magnus numerus Libyssæ harenæ
Lasarpiciferis iacet Cyrenis
=> "En aussi grand nombre que les grains de sable de libyens qui couvrent le sol de Cyrène, la fertile en laser"

Alors ici j'ai fait ce que j'ai pu à partir des diverses traductions trouvées. Le quam magnus est proche à mes yeux d'un quam multis, sorte de complément du comparatif (je suis trop approximatif, je sais… pas assez rigoureux dans l'analyse…).

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Poème 8

v. 4-5
Cum uentitabas quo puella ducebat
Amata nobis quantum amabitur nulla.
=> "… quand tu allais souvent là où t'appelait une jeune fille aimée de nous comme aucune ne sera aimée."

Le moi intérieur parle à Catulle dans ce chant. Je maintiens le "nous" qui renvoie à Catulle et sa conscience. Je me rends compte que mon incompréhension, en général, viens de ces petits mots comme quantum ici, un intensif numéral je crois.

v. 11
Sed obstinata mente perfer, obdura
=> "… au moyen de ton esprit persévérant, supporte, tiens-bon"

Là, c'est le vocabulaire qui m'embête surtout. L'esprit persévérant, ça pas très heureux comme traduction… "Supporte et abstiens-toi", Marc-Aurèle ; on est dans une sorte de stoïcisme. L'idée c'est que l'esprit doit passer outre, doit oublier la rupture amoureuse.

v. 12-13
Iam Catullus obdurat,
Nec te requiret nec rogabit inuitam
=> "Maintenant Catulle tient bon, il n'ira plus te chercher / réclamer ni ne t'implorera contre ton gré."

Ici, en me relisant, je crois que c'est plus un problème de compréhension que de grammaire. J'ai bien traduis, mais je ne suis pas sûr de comprendre le "il". Est-ce que le moi intérieur est en train de raconter, de décrire la scène, et auquel cas le "Catulle" et le "il" désignent bien le poète ; ou alors est-il toujours en train de parler à Catulle (sorte d'apostrophe), auquel cas je ne vois pas à qui le "il" renvoie… je penche pour la première hypothèse mais par rapport au discours direct, au début du poème, ça me fait un effet bizarre…

v. 17
cuius esse diceris ?
=> "A qui appartiendras-tu ?"

Est-ce juste ? J'ai l'impression que le latin dit plutôt : "Dira-t-on de qui tu es ?"

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Poème 9

v. 1-2
Verani, omnibus e meis amicis
Antistans mihi milibus trecentis
=> "Veranius, me surpassant parmi tous mes trois cent mille amis"

L'ablatif, l'ablatif, l'ablatif. Le participe peut-être un peu. Ma traduction semble en faire un génitif partitif j'ai l'impression…

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Poème 10

v. 5-8
Huc ut uenimus, incidere nobis
Sermones uarii, in quibus, quid esset
Iam Bithynia, quo modo se haberet,
Ecquonam mihi profuisset ære.
=> "Comme nous venions d'arriver, nous tombèrent dessus divers sujets de conversation, parmi lesquels l'apparence actuelle de la Bithynie, l'état de ses affaires, un potentiel gain d'argent en ma faveur…"

J'ai bien vu qu'il s'agissait d'interrogatives indirectes qui développent l'idée des sujets divers et variés abordés pendant la discussion entre Catulle et Varus. Je pense éviter le problème en ne faisant pas en français d'interrogatives indirectes. Peut-on me le reprocher ?

v. 9-11
Respondi id quod erat, nihil neque ipsis
Nec prætoribus esse nec cohorti,
Cur quisquam caput unctius referret.
=> "Je répondis ce qu'il en était, qu'il n'y avait rien ni pour les prêteurs en personnes ni pour leur cohorte, pas même de quoi en retirer une tête enduite de parfums."

Ici, c'est le ipsis qui me dérange (j'ai pensé à "les prêteurs eux-mêmes" ou à "ces piètres prêteurs" voire "ces prêteurs de pacotille", mais ce serait confondre avec un istis). Le cur introduit une interrogative indirect, sauf erreur de ma part. Je contourne allègrement une construction que je ne comprends pas, le quisquam m'emmerdant également… les pronoms et moi… Ça va se sentir à plein nez que je ne suis qu'une escroquerie…

v. 14-16
"At certe tamen", inquiunt, "quod illic
Natum dicitur esse comparasti
Ad lecticam hominis."
=> "Et pourtant ce qui est sûr, disent-ils, c'est que tu as acheté, dit-on, ce qui est né en cet endroit, tu t'es procuré des porteurs."

La relative "quod illic natum dicitur esse" porte sur "hominis", sauf erreur de ma part : "tu t'es procuré des hommes pour porter ta litière, des hommes qui, dit-on, sont du pays." Je garde l'ordre du latin, mais ça me force à répéter comparasti et en plus je lui donne deux sens différents : "tu as acheté" puis "tu t'es procuré". Soit je change l'ordre, soit je répète lourdement "tu t'es procuré" ou "tu as acheté". Qu'en pensez-vous ?

v. 18-20
"Non", inquam, "mihi tam fuit maligne,
Vt, prouincia quod mala incidisset,
Non possem octo homines parare rectos."
=> "…je dis : "Non, elle ne m'aa pas été si mesquine, la province où l'on m'avait envoyé / qui m'avait échu, pour que je puisse me procurer huit hommes de belle prestance".

Je n'ai sûrement pas compris la place du "ut".

__________
Poème 12

v. 6-8
… crede Pollioni
Fratri, qui tua furta uel talento
Mutari uelit
=> Crois-en ton frère Pollion qui voudrait  bien échanger tes larcins contre un talent"

Mutari c'est l'infinitif de mutor, donc muter, transformer. Il veut racheter les fautes de son frère. Je comprends ce que vient faire le uel, qui, normalement, signifie "ou bien"… je ruse, à mon habitude…

__________
Poème 15

v.13
Hunc unum excipio, ut puto, pudenter,
=> Je n'excepte que lui seul, comme je pense, avec réserve

Le sens de l'accusatif m'échappe. Catulle s'adresse au sodomite Aurelius qui aime agiter son pénis et enfiler des jeunes hommes ici et là. Je ne vois pas à qui peut bien renvoyer le hunc.

v.17-19
A ! tum te miserum malique fati,
Quem attractis pedibus patente porta
Percurrent raphanique mugilesque.
=> "ah ! alors, misérable, malheur à toi ! qu'on fasse courir sur tes pieds liés à travers la porte ouverte les raiforts et les mulets."

L'ablatif absolu patente porta me pose problème. Je pense qu'ensuite il est question d'une tige qu'on abat sur les pieds (raiforts) puis de mulets pour écarteler le sodomite. Après, la note me parle de poisson "muge" ou "mulet"… les raiforts seraient des racines qui se mangent. Je vois pas ce que la nourriture vient faire là…

RAS dans le poème 11, 13, 14 et 14b ! (amen…) Je vais rééditer pour compléter les trous.

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Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

Cette juxtalinéaire que je fais, je vais l'apprendre par cœur, du moins le plus possible, pour préparer l'épreuve de l'oral de l'agrégation.

Et vous allez faire cela pour les huit œuvres antiques et l'œuvre médiévale ? Bon, je ne vous connais pas et rien ne m'autorise à vous donner des conseils, mais pour moi (et d'autres !) c'est une méthode à proscrire car elle est coûteuse en temps et en efforts et beaucoup trop rigide.

Nous en reparlerons peut-être.

Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

Je ne compte pas dire cela à l'agrégation

Je vous prie de m'excuser si la remarque était blessante. J'ai simplement profité de l'occasion.

 

Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

Capture d’écran 2022-06-26 à 16.14.55.png

Vous ne pouvez pas traduire quem in sinu tenere par "qu'elle tient sur son sein", vu que tenere est un infinitif dépendant de solet ; même situation aux vers suivant. 

 

 

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il y a 8 minutes, jacques a dit :

Et vous allez faire cela pour les huit œuvres antiques et l'œuvre médiévale ? Bon, je ne vous connais pas et rien ne m'autorise à vous donner des conseils, mais pour moi (et d'autres !) c'est une méthode à proscrire car elle est coûteuse en temps et en efforts et beaucoup trop rigide.

Je pensais oui, pourquoi ? Il y a deux ans, quand j'ai tenté pour la première fois l'agrégation, j'étais inscrit dans une préparation agreg de lettres modernes et je m'étais en plus inscrit au CNED (erreur !) pour les lettres classiques. Au CNED on nous disait qu'il fallait, dès mars puis pendant l'été, traduire les œuvres latines et grecques… (et vu le temps que je passe sur Catulle… à moins de me fixer 100-200 vers par jour… ça va être tendu en effet !)
La première année, j'avais commencé mes révisions qu'en octobre et je n'avais traduis que Xénophon d'Éphèse (livre 5) et les Pontiques d'Ovide…
Je ne sais pas s'il y a une méthode précise… tout ce que je sais, c'est que je piocherai à l'oral un extrait à traduire et commenter, puis que j'aurai, comme en français, une leçon à pondre en 6h de préparation, et que c'est pas la traduction que je suis censé commenter, mais bien le texte grec ou latin… je redoute cette épreuve… je n'avais pas pu passer les écrits la première fois.

L'œuvre médiévale, je ne comptais pas forcément la traduire, mais juste la lire dans la langue. C'est presque du latin…

Comment vous seriez-vous pris ? Je suis preneur de tout conseils, je ferai mon chemin à partir de là. Je vais passer l'agreg l'année prochaine, en 2023, mais je vise celle de 2024 avec les œuvres qui resteront au programme.

 

il y a 11 minutes, jacques a dit :

Je vous prie de m'excuser si la remarque était blessante. J'ai simplement profité de l'occasion.

Loin s'en faut pour me vexer, ne vous en faites pas. Je pensais que nous ne nous étions pas bien compris.

 

il y a 12 minutes, jacques a dit :

Vous ne pouvez pas traduire quem in sinu tenere par "qu'elle tient sur son sein", vu que tenere est un infinitif dépendant de solet ; même situation aux vers suivant. 

Et dire que j'étais fier de ce passage… Je pense donc à ça, si tout dépend du solet : "avec qui elle a l'habitude de jouer, de tenir sur/contre son sein, de donner son doigt à becqueter et de provoquer les ardentes morsures".

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Bien sûr qu'il faut lire et traduire les œuvres le plus tôt possible, mais il faut faire cela sans passer par l'écrit ; vous pouvez annoter votre édition, certes, mais la traduction juxtalinéaire, vous devez être capable de l'exécuter devant le texte latin, qu'il faut s'entraîner à comprendre à la lecture (pour un poète comme Catulle, c'est fondamental, et c'est d'ailleurs au moment de la lecture orale que vous montrerez que vous comprenez le texte et que vous êtes sensible à sa poésie, à son humour ou même à sa trivialité en variant les tons.

Je suis agrégé de lettres classiques, et je vous assure que je n'ai pas eu d'autres méthodes... A ce sujet, je vous engage vivement, si ce n'est fait, à lire les rapports du concours édités en ligne sur le site de l'éducation nationale.

Et bien sûr, pas de traduction entièrement rédigée lors du passage de l'épreuve : quelques notes et le plan de votre commentaire, qu'il ne faut pas négliger.

Quant à l'ancien français, même s'il y a de fortes chances qu'il ne sorte pas cette année à l'écrit (ça a été le cas en lettres modernes cette année), je vous engage vivement à le traduire dès à présent avec autant d'application que les œuvres latines. L'ancien français est devenu ma spécialité, et je vous assure, pour avoir eu maintes déconvenues en faisant passer des oraux,  que la traduction des textes médiévaux tend des pièges aux candidats à chaque ligne (ou vers) s'ils n'en ont pas l'habitude ou s'ils les ont préparés entre l'écrit et l'oral.

Pour ce qui est du passage, vous n'êtes pas au bout de vos peines car en français, vous êtes maintenant obligé de laisser tomber le pronom relatif. Il faudra donc répéter "elle avait l'habitude" ou un équivalent, ce que vous ne feriez évidemment pas à l'écrit, et c'est aussi pourquoi il ne faut pas transformer l'exercice en version... 

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Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

Je trouve ma traduction laborieuse. Je pense que la première difficulté que j'ai rencontré se trouve dans la juxtaposition des deux verbes uiduas et clamat (le nequiquam est pour moi un adverbe : "en vain"). Le clamat a pour moi plusieurs sujets. Plus que clamer, en gros, si j'ai bien compris, le lit de Flavius est un lit dérangé par les multiples ébats amoureux de ce célibataire. Donc le lit clame, dénonce, cet acte extraconjugal. Le lit témoigne, mais également les oreillers dérangés (le lit est défait), le lit qui est défoncé (il craque, donc bavarde, grince…) car il n'a pas dû supporter les ébats. J'ai compris ça. De là à le rendre dans ma traduction… mon pluriel en français me paraît maladroit… je ne suis peut-être pas clair.

Vous êtes bien dans l'optique de la version : clamat gouverne la proposition infinitive, donc "crie que tu..." ; il faut le traduire ainsi.

Oui, bien sûr clamat est au singulier par accord de voisinage ; vous enchaînerez comme le traducteur : "et aussi...".

La solution pour garder l'ordre est de dire : " que tu passes tes nuits sans maîtresse, c'est ce que crie ta couche..."

Attention ; ébats extra-conjugaux ou non, ce que Catulle reproche à Flavius, c'est d'avoir choisi une febriculosum scortum et de le taire par honte, dérobant ainsi au poète, qui fait flèche de tous bois, l'occasion d'un nouveau poème.

 

Je n'ai plus le temps ce soir, ni demain. Bill ou Cloelia (au nom si illustre !) prendront le relais.

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Il y a 1 heure, jacques a dit :

Bien sûr qu'il faut lire et traduire les œuvres le plus tôt possible, mais il faut faire cela sans passer par l'écrit ; vous pouvez annoter votre édition, certes, mais la traduction juxtalinéaire, vous devez être capable de l'exécuter devant le texte latin, qu'il faut s'entraîner à comprendre à la lecture (pour un poète comme Catulle, c'est fondamental, et c'est d'ailleurs au moment de la lecture orale que vous montrerez que vous comprenez le texte et que vous êtes sensible à sa poésie, à son humour ou même à sa trivialité en variant les tons.

Je suis agrégé de lettres classiques, et je vous assure que je n'ai pas eu d'autres méthodes... A ce sujet, je vous engage vivement, si ce n'est fait, à lire les rapports du concours édités en ligne sur le site de l'éducation nationale.

Et bien sûr, pas de traduction entièrement rédigée lors du passage de l'épreuve : quelques notes et le plan de votre commentaire, qu'il ne faut pas négliger.

a) Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre (et, bien entendu, vous pourrez me répondre quand vous serez à nouveau disponible, cela va de soi). Je m'explique. Quand j'ai fait mes deux années de prépa (AL à Bordeaux), nos professeurs nous demandaient, en latin, en grec, de traduire 200 vers pour le cours suivant, et 2 pages de prose pour le cours d'après (nos cours étaient espacés tous les 2j). Nous n'avions, pour l'ENS, que deux œuvres en latin, et deux en grec. Mais le rythme était soutenu. Ce n'est que sur la fin de ces deux années de prépa que j'ai pu réussir, comme vous semblez le suggérer, à lire dans le latin en comprenant à peu près. En fac j'ai quasiment tout perdu, je n'avais des versions à rendre que toutes les deux semaines, pas d'œuvre intégrale, bref.

Je me vois mal lire dans le texte, comme vous me le suggérez. J'aimerais pouvoir le faire, mais je dois sûrement me sous-estimer. Ceci étant, en grec, c'est impossible pour moi…

b) J'ai repéré les rapports il y a deux semaines, je les lis progressivement… mais je préfère lire au préalable mes œuvres dans un premier temps. Je me doutais bien, pour être aussi pointu (j'ai survolé les autres sujets du forum), que vous étiez agrégé. Seriez-vous professeur à l'université de Nantes ?

c) C'était pareil à l'ENS, la traduction et le commentaire je veux dire. Je sais bien qu'il ne faut pas rédiger la traduction. Mais la connaître permet d'aller plus vite. Et la traduction, à l'écrit je veux dire, ça me permet de voir le vocabulaire qui revient, et d'aller plus vite par la suite (moins de recherche, puisque le vocabulaire du poète ou de l'auteur est assimilé). Je réitère ce que j'ai dit précédemment : la leçon va être une autre paire de manche…

Il y a 1 heure, jacques a dit :

Quant à l'ancien français, même s'il y a de fortes chances qu'il ne sorte pas cette année à l'écrit (ça a été le cas en lettres modernes cette année), je vous engage vivement à le traduire dès à présent avec autant d'application que les œuvres latines. L'ancien français est devenu ma spécialité, et je vous assure, pour avoir eu maintes déconvenues en faisant passer des oraux,  que la traduction des textes médiévaux tend des pièges aux candidats à chaque ligne (ou vers) s'ils n'en ont pas l'habitude ou s'ils les ont préparés entre l'écrit et l'oral.

J'en prends note. La dernière fois je n'avais pas eu le temps de lire Aspremont… toutefois, quand j'étais en licence, je me souviens avoir lu Chrétien de Troyes dans la langue. Je compte faire de même avec Eustache Deschamps (et ne lire la traduction que si je ne comprends pas le sens de l'AF).

Il y a 2 heures, jacques a dit :

Pour ce qui est du passage, vous n'êtes pas au bout de vos peines car en français, vous êtes maintenant obligé de laisser tomber le pronom relatif. Il faudra donc répéter "elle avait l'habitude" ou un équivalent, ce que vous ne feriez évidemment pas à l'écrit, et c'est aussi pourquoi il ne faut pas transformer l'exercice en version... 

Pour vous la traduction orale n'est pas une version ? je vais me repencher sur la traduction de la phrase demain.

 

Merci encore pour toutes vos remarques, très édifiantes et formatrices.
Lautréamont

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Une version est un exercice écrit qui s'apparente à ce que fait le traducteur d'une œuvre étrangère : il doit donner l'impression que le texte traduit a été écrit directement dans la langue cible. C'est ce que fait G. Lafaye (sauf quand il édulcore les passages trop crus !).

Une traduction orale établit un mot à mot qui, sans bien sûr aller jusqu'à l'incorrection ou sombrer dans le charabia, montre que vous avez perçu la construction des phrases, que vous possédez le sens des mots et que vous savez rendre le texte dans un français clair et intelligible, au plus près de l'ordre des mots, même si le résultat est un peu lourd.

Une traduction juxtalinéaire "sent" la traduction, jamais ce ne doit être le cas d'une version, exercice qui teste les qualités littéraires jointes à la fidélité au texte (au contraire des "belles infidèles" des siècles passés).

 

VI, v. 6-11
Nam te non uiduas iacere noctes
Nequiquam tacitum cubile clamat
Sertis ac Syrio fragrans oliuo,
Pulvinusque peræque et hic et ille
Attritus, tremulique cassa lecti
Argutatio inambulatioque.


=> "Car tu ne laisses pas veuves les nuits de ta présence, ta couche muette/silencieuse le crient en vain en embaumant fortement les guirlandes et l'huile de Syrie, et les oreillers qui sont usés pareillement l'un et l'autre, le bavardage disloqué du lit branlant et ses va et vient." (trad. mienne)

a) "veuves de ta présence" fait CS.

b) Bien respecter la construction de clamat.

c) crient est inc. en français.

d) nequiquam porte sur tacitum ; le sens de l’expression est bien mis en valeur par Lafaye, mais il est difficile de la traduire mot à mot.

e) Il faut laisser le mot qui traduit pulvinus au singulier.  

 

 

–> En effet, que tu ne gises pas des nuits entières dans le veuvage, c’est ce que ta couche, muette en vain,  crie en embaumant les bandelettes et l’huile syriennes, ainsi que cet oreiller-ci et cet autre, pareillement foulés, et aussi le bavardage disloqué du lit branlant et ses va-et-vient.   

 

 

 

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J'ai donc poursuivi la traduction des poèmes de Catulle, et voici mes nouvelles interrogations.

Bonjour !

À lire vos propos et les remarques de Jacques, je comprends que vous vous êtes attelé à un travail important ! Bravo et courage ! En ce qui me concerne, pour ne pas vous aiguiller sur de mauvaises voies ( l’agrégation que vous préparez ne ressemble en rien ni à celle que j’ai présentée ni à celle qui a cours aujourd’hui), je me contenterai de quelques notes .

Poème 6

« la juxtaposition des deux verbes uiduas et clamat » : attention : viduas n’est pas le verbe  mais l’adjectif viduus qui s’accorde à noctes.

Tacitum …clamat : voilà un bel oxymore : « un silence assourdissant » !

Poème 7

v. 3-4
Quam magnus numerus Libyssæ harenæ
Lasarpiciferis iacet Cyrenis
=> "En aussi grand nombre que les grains de sable de libyens qui couvrent le sol de Cyrène, la fertile en laser"

Le quam du vers 3 correspond au tam du vers 9. Catulle a renversé l’ordre habituel   tam… quam « autant (aussi)… que ». Ce tam est aussi en corrélation avec  quae (v.11) : Tam (v.9)… quae ( v.11) = « tellement que » . Quae reprend basia.


Poème 8

v. 4-5
Cum uentitabas quo puella ducebat
Amata nobis quantum amabitur nulla.
=> "… quand tu allais souvent là où t'appelait une jeune fille aimée de nous comme aucune ne sera aimée."

Le moi intérieur parle à Catulle dans ce chant. Je maintiens le "nous" qui renvoie à Catulle et sa conscience. Je me rends compte que mon incompréhension, en général, viens de ces petits mots comme quantum ici, un intensif numéral je crois.

Vous avez raison de relever le dédoublement de Catulle. C’est habituel chez lui. D’autres carmina l’expriment.

Ventitabas : est bien le fréquentatif de venire. Le verbe ducebat appliqué à une femme n’est pas anodin. Pour Catulle, c’est Lesbie qui conduit, qui est le chef- dux, elle tient le rôle du mari.  Ainsi uxorem DUCERE  signifie « prendre pour épouse. » Je ne refuserais pas « tu trottais de tous côtés » pour traduire ventitabas.

Quantum ( sous-entendu tantum) : autant que. « Aimée de nous autant qu’aucune autre ne sera aimée »

v. 11
Sed obstinata mente perfer, obdura
=> "… au moyen de ton esprit persévérant, supporte, tiens-bon"

Là, c'est le vocabulaire qui m'embête surtout. L'esprit persévérant, ça pas très heureux comme traduction… "Supporte et abstiens-toi", Marc-Aurèle ; on est dans une sorte de stoïcisme. L'idée c'est que l'esprit doit passer outre, doit oublier la rupture amoureuse.

Obstnata…obdura (11)…obdurat (12)…destinatus obdura (19) : c’est la même idée fixe ! Catulle, à nouveau en se dédoublant, tente de se convaincre  de ne plus céder à la séduction de Lesbia.

Sed obstinata mente : « Mais d’un cœur opiniâtre… »

v. 12-13
Iam Catullus obdurat,
Nec te requiret nec rogabit inuitam
=> "Maintenant Catulle tient bon, il n'ira plus te chercher / réclamer ni ne t'implorera contre ton gré."

Iam peut être traduit par « désormais ».

Ici, en me relisant, je crois que c'est plus un problème de compréhension que de grammaire. J'ai bien traduis, mais je ne suis pas sûr de comprendre le "il". Est-ce que le moi intérieur est en train de raconter, de décrire la scène, et auquel cas le "Catulle" et le "il" désignent bien le poète ; ou alors est-il toujours en train de parler à Catulle (sorte d'apostrophe), auquel cas je ne vois pas à qui le "il" renvoie… je penche pour la première hypothèse mais par rapport au discours direct, au début du poème, ça me fait un effet bizarre…

Il s’agit bien de Catulle « dédoublé ».

 

v. 17
cuius esse diceris ?
=> "A qui appartiendras-tu ?"

Est-ce juste ? J'ai l'impression que le latin dit plutôt : "Dira-t-on de qui tu es ?"

Littéralement : À qui seras-tu dite appartenir= À qui dira-t-on que tu appartiens ? cuius est un génitif de possession.

 

Poème 9

v. 1-2
Verani, omnibus e meis amicis
Antistans mihi milibus trecentis
=> "Veranius, me surpassant parmi tous mes trois cent mille amis"

L'ablatif, l'ablatif, l'ablatif. Le participe peut-être un peu. Ma traduction semble en faire un génitif partitif j'ai l'impression…

Omnibus e meis amicis = ex omnibus meis amicis : de (parmi) tous mes amis, tu es au premier rang. Le partitif peut se rendre par un génitif ou ex et ablatif (c’est le cas ici) ou inter et accusatif.


Poème 10

v. 5-8
Huc ut uenimus, incidere nobis
Sermones uarii, in quibus, quid esset
Iam Bithynia, quo modo se haberet,
Ecquonam mihi profuisset ære.
=> "Comme nous venions d'arriver, nous tombèrent dessus divers sujets de conversation, parmi lesquels l'apparence actuelle de la Bithynie, l'état de ses affaires, un potentiel gain d'argent en ma faveur…"

J'ai bien vu qu'il s'agissait d'interrogatives indirectes qui développent l'idée des sujets divers et variés abordés pendant la discussion entre Catulle et Varus. Je pense éviter le problème en ne faisant pas en français d'interrogatives indirectes. Peut-on me le reprocher ?

Jacques pourra vous répondre… Pour ma part je n’y vois aucun inconvénient d’autant plus que vous avez bien reconnu les interrogations indirectes.

v. 9-11
Respondi id quod erat, nihil neque ipsis
Nec prætoribus esse nec cohorti,
Cur quisquam caput unctius referret.
=> "Je répondis ce qu'il en était, qu'il n'y avait rien ni pour les prêteurs en personnes ni pour leur cohorte, pas même de quoi en retirer une tête enduite de parfums."

Ici, c'est le ipsis qui me dérange (j'ai pensé à "les prêteurs eux-mêmes" ou à "ces piètres prêteurs" voire "ces prêteurs de pacotille", mais ce serait confondre avec un istis). Le cur introduit une interrogative indirect, sauf erreur de ma part. Je contourne allègrement une construction que je ne comprends pas, le quisquam m'emmerdant également… les pronoms et moi… Ça va se sentir à plein nez que je ne suis qu'une escroquerie…

Ipsis… praetoribus : les préteurs eux-mêmes. Attention à l’orthographe : prÉteurs et non prÊteurs !

Nihil (est) cur : il n’y a pas de raison pour que

Quisquam : quelqu’un, on.

v. 14-16
"At certe tamen", inquiunt, "quod illic
Natum dicitur esse comparasti
Ad lecticam hominis."
=> "Et pourtant ce qui est sûr, disent-ils, c'est que tu as acheté, dit-on, ce qui est né en cet endroit, tu t'es procuré des porteurs."

La relative "quod illic natum dicitur esse" porte sur "hominis", sauf erreur de ma part : "tu t'es procuré des hommes pour porter ta litière, des hommes qui, dit-on, sont du pays." Je garde l'ordre du latin, mais ça me force à répéter comparasti et en plus je lui donne deux sens différents : "tu as acheté" puis "tu t'es procuré". Soit je change l'ordre, soit je répète lourdement "tu t'es procuré" ou "tu as acheté". Qu'en pensez-vous ?

Je ferais de ad lecticam hominis un apposé à quod illic natum (Tu t’es procuré) ce qui (quod) est né là-bas, ( provient de là), dit-on, (à savoir) des porteurs de litières.

Hominis ou homines ? Les manuscrits varient. Hominis ne peut être, me semble-t-il, un archaïsme pour homines. Je penche donc pour la forme « homines »

Ad lecticam hominis équivaut à  lecticarios : des porteurs de litières.

v. 18-20
"Non", inquam, "mihi tam fuit maligne,
Vt, prouincia quod mala incidisset,
Non possem octo homines parare rectos."
=> "…je dis : "Non, elle ne m'aa pas été si mesquine, la province où l'on m'avait envoyé / qui m'avait échu, pour que je puisse me procurer huit hommes de belle prestance".

Je n'ai sûrement pas compris la place du "ut".

tam…ut : au point que. « Ce ( Le sort) ne m’a pas été  à ce point chiche  que , puisque une mauvaise province m’était tombée dessus, je… » 


Poème 12

v. 6-8
… crede Pollioni
Fratri, qui tua furta uel talento
Mutari uelit
=> Crois-en ton frère Pollion qui voudrait  bien échanger tes larcins contre un talent"

Mutari c'est l'infinitif de mutor, donc muter, transformer. Il veut racheter les fautes de son frère. Je comprends ce que vient faire le uel, qui, normalement, signifie "ou bien"… je ruse, à mon habitude…

Mutari : inf. PASSIF de mutare. :littéralement : «  qui voudrait que tes vols soient rachetés… »

Vel : peut vouloir dire « même », «  ne serait-ce que » : « soient rachetés même pour un talent »


Poème 15

v.13
Hunc unum excipio, ut puto, pudenter,
=> Je n'excepte que lui seul, comme je pense, avec réserve

Le sens de l'accusatif m'échappe. Catulle s'adresse au sodomite Aurelius qui aime agiter son pénis et enfiler des jeunes hommes ici et là. Je ne vois pas à qui peut bien renvoyer le hunc.

Hunc désigne le puerum du vers 5,  l’amant ( Juventius ?) de Catulle.

v.17-19
A ! tum te miserum malique fati,
Quem attractis pedibus patente porta
Percurrent raphanique mugilesque.
=> "ah ! alors, misérable, malheur à toi ! qu'on fasse courir sur tes pieds liés à travers la porte ouverte les raiforts et les mulets."

L'ablatif absolu patente porta me pose problème. Je pense qu'ensuite il est question d'une tige qu'on abat sur les pieds (raiforts) puis de mulets pour écarteler le sodomite. Après, la note me parle de poisson "muge" ou "mulet"… les raiforts seraient des racines qui se mangent. Je vois pas ce que la nourriture vient faire là…

Porta patente : c’est bien un ablatif absolu : littéralement « la porte étant ouverte ». Bien entendu « la porte » est une métaphore…

Pour châtier les adultères ou les sodomites, on « y » introduisait raifort et mulets… !!!

RAS dans le poème 11, 13, 14 et 14b ! (amen…) Je vais rééditer pour compléter les trous.

 

Cordialement,

 

 

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VII, v. 3-4
Quam magnus numerus Libyssæ harenæ
Lasarpiciferis iacet Cyrenis
=> "En aussi grand nombre que les grains de sable de libyens qui couvrent le sol de Cyrène, la fertile en laser"

Bill vous a bien éclairé. Vous pouvez traduire pratiquement au fil du texte : « aussi grand est le nombre des grains de sable lybiens qui reposent… aussi nombreux sont les astres que voient…  ; aussi nombreux sont les baisers…

Pourquoi « le sol » ?

Tâchez de prendre une vue d'ensemble du texte avant de commencer le mot à mot. L'idéal est de comprendre l'essentiel à la lecture. Essayez sur les œuvres en prose.

Je ne commente pas les autres poèmes traités par Bill ; en se partageant la tâche, on gagnera un temps précieux.

Une petite exception malgré tout :

Huc ut uenimus, incidere nobis
Sermones uarii, in quibus, quid esset
Iam Bithynia, quo modo se haberet,
Ecquonam mihi profuisset ære.
=> "Comme nous venions d'arriver, nous tombèrent dessus divers sujets de conversation, parmi lesquels l'apparence actuelle de la Bithynie, l'état de ses affaires, un potentiel gain d'argent en ma faveur…"

J'ai bien vu qu'il s'agissait d'interrogatives indirectes qui développent l'idée des sujets divers et variés abordés pendant la discussion entre Catulle et Varus. Je pense éviter le problème en ne faisant pas en français d'interrogatives indirectes. Peut-on me le reprocher ?

Vous avez ici du discours indirect libre, « introduit » par sermones, et il faut absolument le respecter, sans quoi on pensera que vous ne l’avez pas reconnu ; d’autre part et surtout, vous ôtez son expressivité au texte.

 G. Lafaye vous montre l’exemple.  

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