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Michel Disdero

Inscription Romaine de Baalbek

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Bonjour

J'étudie actuellement le contenu d'une borne milliaire (Corpus inscr. lat. n° 202), restituée comme suit par Renan et Mommsen:

Imperatori Caesari divi Luci Septimi Severi Pii Pertinacis Augusti Arabici Adiabenici Parthici maximi Britannici maximi filio divi Marci Antonini Pii Germanici Sarmatici nepoti divi Antonini Pii pronepoti divi Hadriani abnepoti divi Traiani Parthici et divi Nervae adnepoti Marco Aurelio Antonino Pio Augusto Parthico maximo patri patriae Britannico maximo pontifici maximo tribunicia potestate XVI consuli IIII proconsuli vias et miliaria per Decimum Pium Cassium legatum Augusti pro praetore praesidem provinciae Syriae Phoenices Colonia Iulia Augusta Felix Heliopolis renovavit.

 

Pourriez-vous vérifier/éplucher ma traduction?

Au fils de l’Empereur-César, Divin Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Augustus [Septime Severe], grand triomphateur de l’Arabie, de l’Adiabène et des Parthes, et grand triomphateur des Britanniques, petit-fils du Divin Marcus Antoninus Pius [Marc Aurele], vainqueur des Germains et des Sarmates, AR-petit-fils du Divin Antoninus Pius, AR-AR-petit-fils du Divin Hadrianus, AR-AR-AR-petit-fils du Divin Trajan, vainqueur des Parthes, et du Divin Nerva; Marcus Aurelius Antoninus Pius Augustus [Caracalla], grand triomphateur des Parthes, Père de la Patrie, triomphateur des Britanniques, Grand Pontife, en sa XVIe puissance tribunitienne, son quatrième consulat, et proconsul, qui a fait rénover les voies et les milliaires de Colonia Julia Augusta Felix Heliopolis [Baalbek] par Decimus Pius Cassius, légat d'Auguste propréteur, gardien de la Province de Syrie-Phénicie.

Nota: la chaîne des filiations/adoptions est la suivante: Caracalla / Septime Severe / Marc Aurele / Antonin le Pieux / Hadrien / Trajan / Nerva ... et à cette époque, le terme de "trinepos" pour AR-AR-AR-AR-petit-fils ne semble pas apparu, d'où le fait que Trajan et Nerva au même plan.

Merci d'avance

 

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Bonjour,

Pourquoi "Au fils de l'Empereur César" ? A quel cas sont les deux premiers mots ?

Vous pouvez laisser tous les noms de la titulature sans préciser "triomphateur..", ce sont de véritable cognomina.

Pourquoi aussi précisez-vous "Caracalla" ? Il s'agit du Caesari du début, c'est à dire Marc-Aurèle, le dédicataire de la stèle.

"ayant eu 16 fois le pouvoir tribunicien".

miliaria = "les bornes miliaires".

 

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Bonjour,
Comme vous l’ ajoutez dans votre traduction  il s’agit bien d’une inscription honorifique à l’adresse de l’empereur Caracalla gravée sur un milliaire ( ou borne milliaire).
Il serait intéressant de nous transmettre une photo de ce milliaire ou du document  restitué par Renan- Mommsen avec peut-être des informations plus précises sur “l’historique” de ce milliaire.
Comme Jacques vous l’écrit, voyez à bien analyser “ Imperatori Caesari”.
“ Maximus” (Maximi et Maximo ( Parthico, Brirannico) dans le texte) est depuis Marc- Aurèle un superlatif qui grandit les titres de victoires: “ Britannici maximi":  "le très grand Britannique... Parthico maximo: le très grand Parthique...”
Un “légat d’Auguste propréteur”  est un magistrat de haut rang en charge d’ une province impériale. Traduire “ praesidem” par “ gardien” n’est pas adéquat.
Traduisez “ Héliopolis” par d’Héliopolis.
Qu’allez- vous choisir pour sujet de “renovavit”?

Comme vous le dites en note, à raison, “ trinepos” ( 6è génération// petit- fils au 6è degré) est inusité à l’époque de Septime sévère et Caracalla.

 

cordialement,

 

 

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Bonjour, et merci pour vos remarques

À la base, je savais qui était le dédicataire, car Renan sans donner de traduction (son audience parlant forcément latin, grec, aramaïque, hébreu, etc), précise “L'inscription est donc en l'honneur de Caracalla, et de l'an 213” Ce qui se recoupe bien avec “Caracalla's first trib. pot. extended from fall of 198 to Dec. 9; 198” in Studies in the History of the Roman Province of Syria; 198 + XVI = 213

Donc c’est bien Marcus Aurelius Antoninus Pius Augustus, le fils de Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Augustus, qui est honoré, et son nom apparaît en dernier après l’énumération des X-nepotes (génétiques, adoptifs vrais, et adoptifs "arrangés"). 

Un facteur de confusion additionnel était que Marc Aurèle apparaît ici en Marcus Antoninus Pius; au lieu de Marcus Aurelius Antoninus Augustus, ce qui est rare mais pas inédit, cf sur des monnaies comme celle-ci.

En termes de reproduction-transcriptions:

Pour Praesidem, j’avais hésité à rendre par “curateur”, “protecteur” ou “gouverneur”, je pense que vous avez raison “gardien” est trop faible.

 

À propos des adjectifs cognomina j'hésite également à rendre les Pius par Pieux, pour Antonin comme pour ses successeurs

De même faudrait-il traduire Felix, car il y a peut-être un appariement avec Augusta, et on n'en sort plus...

Le sujet de “renovavit” me paraît être Marco Aurelio Antonino Pio Augusto Parthico maximo patri patriae Britannico maximo pontifici maximo, non?
J’ai déjà vu (enfin Renan a vu) près de Sidon, un ensemble de quatre milliaires (n° 205 du CIL, la page d'après) datées de 198-199, où père et fils sont associés ensemble pour le crédit des travaux de rénovation menés par un autre propréteur, Quintus Venidius Rufus, lesquelles sont en Imperatores Caesares […] renovaverunt

Est-ce que "dédicataire a fait rénover par le légat" vous va pour "per ... legatum ... renovavit" ?

Deuxième version:

 

À l'Empereur-César, fils du divin Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Augustus [Septime Sévère], Arabique, Adiabénique, Très Grand Parthique, Très Grand Britannique, petit-fils du divin Marcus Antoninus Pius [Marc Aurèle], Germanique, Sarmatique, AR-petit-fils du divin Antoninus Pius, AR-AR-petit-fils du divin Hadrien, AR-AR-AR-petit-fils du divin Trajan Parthique, et [AR-AR-AR-AR-petit-fils] du divin Nerva; Marcus Aurelius Antoninus Pius Augustus [Caracalla], Très Grand Parthique, Père de la Patrie, Très Grand Britannique, Grand Pontife, revêtu de la puissance tribunitienne pour la XVIe fois, consul IIII fois, proconsul, a fait rénover les voies et les milliaires de la Colonia Julia Augusta Felix d’Heliopolis [Baalbek] par Decimus Pius Cassius, légat d'Auguste propréteur, protecteur de la Province de Syrie-Phénicie.

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il y a une heure, Michel Disdero a dit :

Bonjour, et merci pour vos remarques

À la base, je savais qui était le dédicataire, car Renan sans donner de traduction (son audience parlant forcément latin, grec, aramaïque, hébreu, etc), précise “L'inscription est donc en l'honneur de Caracalla, et de l'an 213” Ce qui se recoupe bien avec “Caracalla's first trib. pot. extended from fall of 198 to Dec. 9; 198” in Studies in the History of the Roman Province of Syria; 198 + XVI = 213

Donc c’est bien Marcus Aurelius Antoninus Pius Augustus, le fils de Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Augustus, qui est honoré, et son nom apparaît en dernier après l’énumération des X-nepotes (génétiques, adoptifs vrais, et adoptifs "arrangés"). 

Un facteur de confusion additionnel était que Marc Aurèle apparaît ici en Marcus Antoninus Pius; au lieu de Marcus Aurelius Antoninus Augustus, ce qui est rare mais pas inédit, cf sur des monnaies comme celle-ci.

En termes de reproduction-transcriptions:

Pour Praesidem, j’avais hésité à rendre par “curateur”, “protecteur” ou “gouverneur”, je pense que vous avez raison “gardien” est trop faible.

 

À propos des adjectifs cognomina j'hésite également à rendre les Pius par Pieux, pour Antonin comme pour ses successeurs

De même faudrait-il traduire Felix, car il y a peut-être un appariement avec Augusta, et on n'en sort plus...

Le sujet de “renovavit” me paraît être Marco Aurelio Antonino Pio Augusto Parthico maximo patri patriae Britannico maximo pontifici maximo, non?
J’ai déjà vu (enfin Renan a vu) près de Sidon, un ensemble de quatre milliaires (n° 205 du CIL, la page d'après) datées de 198-199, où père et fils sont associés ensemble pour le crédit des travaux de rénovation menés par un autre propréteur, Quintus Venidius Rufus, lesquelles sont en Imperatores Caesares […] renovaverunt

Est-ce que "dédicataire a fait rénover par le légat" vous va pour "per ... legatum ... renovavit" ?

Deuxième version:

 

À l'Empereur-César, fils du divin Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Augustus [Septime Sévère], Arabique, Adiabénique, Très Grand Parthique, Très Grand Britannique, petit-fils du divin Marcus Antoninus Pius [Marc Aurèle], Germanique, Sarmatique, AR-petit-fils du divin Antoninus Pius, AR-AR-petit-fils du divin Hadrien, AR-AR-AR-petit-fils du divin Trajan Parthique, et [AR-AR-AR-AR-petit-fils] du divin Nerva; Marcus Aurelius Antoninus Pius Augustus [Caracalla], Très Grand Parthique, Père de la Patrie, Très Grand Britannique, Grand Pontife, revêtu de la puissance tribunitienne pour la XVIe fois, consul IIII fois, proconsul, a fait rénover les voies et les milliaires de la Colonia Julia Augusta Felix d’Heliopolis [Baalbek] par Decimus Pius Cassius, légat d'Auguste propréteur, protecteur de la Province de Syrie-Phénicie.

Rebonjour,

Que l'inscription date de 213, cela ne fait aucun doute: Caracalla a reçu sa première puissance tribunitienne ( accordée annuellement aux empereurs) le 10 décembre 198, et il en est à sa 16è.

Traduisez " praesidem" par " gouverneur".

En ce qui concerne le sujet de "renovavit", je n'hésiterais pas à prendre " Colonia Iulia Augusta Felix Heliopolis" qui est au nominatif, d'autant plus que dans "Revue d'archéologie et d'histoire ancienne nouvelle" que vous mentionnez (p. 304 sous figure 2 ) nous pouvons lire " .....présentent les noms des empereurs au datif, les noms des villes au nominatif, et celui des gouverneurs à l’accusatif (précédés de la préposition per). Je pense que ce qui est valable pour les noms de villes l'est aussi pour les noms des colonies.

Cordialement

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Très intéressant!

Et cohérent avec le fait que apparemment il n'y avait pas de distance affichée sur cette borne, donc qu'elle pouvait être "propriété" de la ville plutôt que faisant partie d'une voie "payée par l'état"

En réfléchissant à la motivation de cette inscription, je n'arrive pas à retrouver un papier que j'avais vu sur les villes ou colonies qui "fayotaient" un peu sur des inscriptions, par exemple en se déclarant "felix" etc

 

Encore merci pour votre aide, et vale

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Il y a 2 heures, Michel Disdero a dit :

Très intéressant!

Et cohérent avec le fait que apparemment il n'y avait pas de distance affichée sur cette borne, donc qu'elle pouvait être "propriété" de la ville plutôt que faisant partie d'une voie "payée par l'état"

En réfléchissant à la motivation de cette inscription, je n'arrive pas à retrouver un papier que j'avais vu sur les villes ou colonies qui "fayotaient" un peu sur des inscriptions, par exemple en se déclarant "felix" etc

 

Encore merci pour votre aide, et vale

Peut-être ces liens vous seraient utiles?

Le pouvoir impérial dans les provinces syriennes_ Représentations et ... - Hadrien Bru - Google Livres.eml Histoire de l'academie royale des inscrip tions et belles. lettres (etc.) - Google Livres.eml

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