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jacques

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  1. VII, v. 3-4
    Quam magnus numerus Libyssæ harenæ
    Lasarpiciferis iacet Cyrenis
    => "En aussi grand nombre que les grains de sable de libyens qui couvrent le sol de Cyrène, la fertile en laser"

    Bill vous a bien éclairé. Vous pouvez traduire pratiquement au fil du texte : « aussi grand est le nombre des grains de sable lybiens qui reposent… aussi nombreux sont les astres que voient…  ; aussi nombreux sont les baisers…

    Pourquoi « le sol » ?

    Tâchez de prendre une vue d'ensemble du texte avant de commencer le mot à mot. L'idéal est de comprendre l'essentiel à la lecture. Essayez sur les œuvres en prose.

    Je ne commente pas les autres poèmes traités par Bill ; en se partageant la tâche, on gagnera un temps précieux.

    Une petite exception malgré tout :

    Huc ut uenimus, incidere nobis
    Sermones uarii, in quibus, quid esset
    Iam Bithynia, quo modo se haberet,
    Ecquonam mihi profuisset ære.
    => "Comme nous venions d'arriver, nous tombèrent dessus divers sujets de conversation, parmi lesquels l'apparence actuelle de la Bithynie, l'état de ses affaires, un potentiel gain d'argent en ma faveur…"

    J'ai bien vu qu'il s'agissait d'interrogatives indirectes qui développent l'idée des sujets divers et variés abordés pendant la discussion entre Catulle et Varus. Je pense éviter le problème en ne faisant pas en français d'interrogatives indirectes. Peut-on me le reprocher ?

    Vous avez ici du discours indirect libre, « introduit » par sermones, et il faut absolument le respecter, sans quoi on pensera que vous ne l’avez pas reconnu ; d’autre part et surtout, vous ôtez son expressivité au texte.

     G. Lafaye vous montre l’exemple.  

  2. Une version est un exercice écrit qui s'apparente à ce que fait le traducteur d'une œuvre étrangère : il doit donner l'impression que le texte traduit a été écrit directement dans la langue cible. C'est ce que fait G. Lafaye (sauf quand il édulcore les passages trop crus !).

    Une traduction orale établit un mot à mot qui, sans bien sûr aller jusqu'à l'incorrection ou sombrer dans le charabia, montre que vous avez perçu la construction des phrases, que vous possédez le sens des mots et que vous savez rendre le texte dans un français clair et intelligible, au plus près de l'ordre des mots, même si le résultat est un peu lourd.

    Une traduction juxtalinéaire "sent" la traduction, jamais ce ne doit être le cas d'une version, exercice qui teste les qualités littéraires jointes à la fidélité au texte (au contraire des "belles infidèles" des siècles passés).

     

    VI, v. 6-11
    Nam te non uiduas iacere noctes
    Nequiquam tacitum cubile clamat
    Sertis ac Syrio fragrans oliuo,
    Pulvinusque peræque et hic et ille
    Attritus, tremulique cassa lecti
    Argutatio inambulatioque.


    => "Car tu ne laisses pas veuves les nuits de ta présence, ta couche muette/silencieuse le crient en vain en embaumant fortement les guirlandes et l'huile de Syrie, et les oreillers qui sont usés pareillement l'un et l'autre, le bavardage disloqué du lit branlant et ses va et vient." (trad. mienne)

    a) "veuves de ta présence" fait CS.

    b) Bien respecter la construction de clamat.

    c) crient est inc. en français.

    d) nequiquam porte sur tacitum ; le sens de l’expression est bien mis en valeur par Lafaye, mais il est difficile de la traduire mot à mot.

    e) Il faut laisser le mot qui traduit pulvinus au singulier.  

     

     

    –> En effet, que tu ne gises pas des nuits entières dans le veuvage, c’est ce que ta couche, muette en vain,  crie en embaumant les bandelettes et l’huile syriennes, ainsi que cet oreiller-ci et cet autre, pareillement foulés, et aussi le bavardage disloqué du lit branlant et ses va-et-vient.   

     

     

     

  3. Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

    Je trouve ma traduction laborieuse. Je pense que la première difficulté que j'ai rencontré se trouve dans la juxtaposition des deux verbes uiduas et clamat (le nequiquam est pour moi un adverbe : "en vain"). Le clamat a pour moi plusieurs sujets. Plus que clamer, en gros, si j'ai bien compris, le lit de Flavius est un lit dérangé par les multiples ébats amoureux de ce célibataire. Donc le lit clame, dénonce, cet acte extraconjugal. Le lit témoigne, mais également les oreillers dérangés (le lit est défait), le lit qui est défoncé (il craque, donc bavarde, grince…) car il n'a pas dû supporter les ébats. J'ai compris ça. De là à le rendre dans ma traduction… mon pluriel en français me paraît maladroit… je ne suis peut-être pas clair.

    Vous êtes bien dans l'optique de la version : clamat gouverne la proposition infinitive, donc "crie que tu..." ; il faut le traduire ainsi.

    Oui, bien sûr clamat est au singulier par accord de voisinage ; vous enchaînerez comme le traducteur : "et aussi...".

    La solution pour garder l'ordre est de dire : " que tu passes tes nuits sans maîtresse, c'est ce que crie ta couche..."

    Attention ; ébats extra-conjugaux ou non, ce que Catulle reproche à Flavius, c'est d'avoir choisi une febriculosum scortum et de le taire par honte, dérobant ainsi au poète, qui fait flèche de tous bois, l'occasion d'un nouveau poème.

     

    Je n'ai plus le temps ce soir, ni demain. Bill ou Cloelia (au nom si illustre !) prendront le relais.

  4. Bien sûr qu'il faut lire et traduire les œuvres le plus tôt possible, mais il faut faire cela sans passer par l'écrit ; vous pouvez annoter votre édition, certes, mais la traduction juxtalinéaire, vous devez être capable de l'exécuter devant le texte latin, qu'il faut s'entraîner à comprendre à la lecture (pour un poète comme Catulle, c'est fondamental, et c'est d'ailleurs au moment de la lecture orale que vous montrerez que vous comprenez le texte et que vous êtes sensible à sa poésie, à son humour ou même à sa trivialité en variant les tons.

    Je suis agrégé de lettres classiques, et je vous assure que je n'ai pas eu d'autres méthodes... A ce sujet, je vous engage vivement, si ce n'est fait, à lire les rapports du concours édités en ligne sur le site de l'éducation nationale.

    Et bien sûr, pas de traduction entièrement rédigée lors du passage de l'épreuve : quelques notes et le plan de votre commentaire, qu'il ne faut pas négliger.

    Quant à l'ancien français, même s'il y a de fortes chances qu'il ne sorte pas cette année à l'écrit (ça a été le cas en lettres modernes cette année), je vous engage vivement à le traduire dès à présent avec autant d'application que les œuvres latines. L'ancien français est devenu ma spécialité, et je vous assure, pour avoir eu maintes déconvenues en faisant passer des oraux,  que la traduction des textes médiévaux tend des pièges aux candidats à chaque ligne (ou vers) s'ils n'en ont pas l'habitude ou s'ils les ont préparés entre l'écrit et l'oral.

    Pour ce qui est du passage, vous n'êtes pas au bout de vos peines car en français, vous êtes maintenant obligé de laisser tomber le pronom relatif. Il faudra donc répéter "elle avait l'habitude" ou un équivalent, ce que vous ne feriez évidemment pas à l'écrit, et c'est aussi pourquoi il ne faut pas transformer l'exercice en version... 

  5. Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

    Cette juxtalinéaire que je fais, je vais l'apprendre par cœur, du moins le plus possible, pour préparer l'épreuve de l'oral de l'agrégation.

    Et vous allez faire cela pour les huit œuvres antiques et l'œuvre médiévale ? Bon, je ne vous connais pas et rien ne m'autorise à vous donner des conseils, mais pour moi (et d'autres !) c'est une méthode à proscrire car elle est coûteuse en temps et en efforts et beaucoup trop rigide.

    Nous en reparlerons peut-être.

    Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

    Je ne compte pas dire cela à l'agrégation

    Je vous prie de m'excuser si la remarque était blessante. J'ai simplement profité de l'occasion.

     

    Il y a 2 heures, Lautréamont a dit :

    Capture d’écran 2022-06-26 à 16.14.55.png

    Vous ne pouvez pas traduire quem in sinu tenere par "qu'elle tient sur son sein", vu que tenere est un infinitif dépendant de solet ; même situation aux vers suivant. 

     

     

  6. Bonjour L.

    Il faut en effet introduire un "et". Mais dois-je comprendre que vous rédigez intégralement vos traductions ?

    Voici la suite :

    II, v. 5-7
    Cum desiderio meo nitenti
    Karum nescio quid lubet iocari
    Et solaciolum sui doloris

    a) Je propose « radieux » pour nitenti ; « riant » ne convient pas à l’objet du désir, la femme aimée (on a bien sûr ici une métonymie).

     

    b) solaciolum étant un nom, il ne peut être sur le même plan que karum, il répond plutôt à nescio quid. La traduction est évidemment délicate ; je propose : « …s’adonner à je ne sais quel tendre ébat et à un petit apaisement de sa douleur ».

     

    III, v. 17-18
    Tua nunc opera meæ puellæ
    Flendo turgiduli rubent ocelli.

    a) Pour ce qui est de « puellae », une variété des traductions est possible, surtout quand le mot est présent dans deux vers consécutifs ou très proches. Le français n’aime pas les répétitions alors que le latin les accepte.

    b) Une parenthèse ne dites jamais « j’ai lu telle chose sur Internet » à un jury, indiquez la source exacte ; Internet n’est qu’un média…

    c) Pour flendo, pourquoi pas « à force de pleurer » ?

    IV, v. 3-4
    Neque ullius natantis impetum trabis
    Nequisse præterire

    a) Soit pour « felouque », mais la réalité est un peu anachronique ; d’autre part, regardez la note de G. Lafaye (n° 2 p. 4).

    Il faudrait trouver un autre mot que « vaisseau » pour trabis, qui fait image.  

    b) Pour impetus, je n’ai pas mieux que « élan » ou « course ».

    v. 6-7
    Et hoc negat minacis Adriatici
    Negare litus insulasue Cycladas

    Efforcez-vous de placer le groupe verbal de la dépendante dès le début, et de coordonner par ou quand vous avez -ve et ni quant il y a –que (la construction de la négation n'est pas très classique, c'est fréquent en poésie, attention en thème !

    « Il affirme que ce n'est pas le rivage de l'Adriatique menaçante qui le contredit, ou...   ni... »

    Pensez à la scansion ! Dans le poème 4, vous avez des sénaires iambiques purs : beau trait de virtuosité !

    Cordialement.

     

     

  7. Bonjour , cher Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (ou Latréaumont, d'ailleurs) ! :)

     

    Félicitation pour votre entreprise. Vous avez toutes vos chances si vous fournissez le (gros) effort nécessaire. Je suis passé par là, et je sais ce que coûte la préparation à l'agrégation avec un service complet d'enseignement à assurer.

    Je connais bien l'œuvre de Catulle, et je serai heureux de vous aider en compagnie de mes collègues du forum.

     

    Une première remarque : on ne dit pas "chant", mot réservé à la poésie épique, mais "poème" (carmen), tout simplement.

    Poème 1 :

    a) quod est un relatif de liaison dont l'antécédent est quicquid ; litt. : "accepte quoi que ce soit de ce petit livre, quel qu'il soit ; (et) que celui demeure...".

    b) Le mot patrona, féminin de patronus, évoque bien l'idée de protection dans l'imaginaire des Romains. Pourquoi pas "vierge, ô toi ma protectrice" ?

    c) saeclo est évidemment complément du comparatif plus ; litt. : "plus d'un siècle" (plus est ici un adverbe).

     

    Nous verrons la suite ultérieurement.

     

     

  8. Merci. Un contexte un peu plus large éclaire toujours.

    et si existens in nono copore complevisset poenam suam tunc sanabatur, alias ex tunc non erat ei locus poenae, sed in perpetuum damnabatur.

    Et si, présente dans ce neuvième corps (l'âme) avait purgé sa peine, elle était alors guérie ; si, à ce stade, ce n'était pas le cas, il n'y avait pour elle plus de place pour le châtiment, mais elle était damnée pour l'éternité.

     

    alias ex tunc = "autrement à partir d'alors".

  9. Dès lors que l'énormité d'un tel crime, non seulement chez les vivants mais aussi chez les défunts, est frappé légitimement par la pointe d'un sévère châtiment [toujours pas : mucro, c’est le glaive de la justice, et severi mucronis est complément du nom ultione ; c’est certes malaisé à traduire, mais essayez encore]. En conséquence, nous, frère Antonio, inquisiteur susdit, ne voulant pas passer outre en fermant les yeux, après avoir diligemment délibéré et pris conseil du vénérable père, Monseigneur Bartolomeo [Querino, évêque de Castello] , et de plusieurs autres savants, tant religieux que laïcs experts dans l'un et l'autre droit, tant de Venise que de Padoue, et après avoir cité péremptoirement les représentants dudit Degiano au jour et heure présents pour écouter la sentence définitive de ce Degiano, [dont l'absence est compensée] par la présence de Dieu et des anges, après avoir invoqué le nom du Christ, siégeant en séance plénière, nous disons, stipulons et prononçons, et dans cet écrit, sentencieusement, nous jugeons, promulguons, et déclarons que ce Degiano a été [un fervent croyant des hérétiques et leur hôte], et qu'il [a prononcé] sciemment de sa propre bouche des propos énormes contre la foi et qu'il cru aux erreurs des hérétiques, c'est pourquoi nous ordonnons de saisir et de confisquer ses biens, et en outre nous décrétons que les os de ce Degiano soient exhumés du cimetière ecclésiastique et brûlés par le bras séculier en détestation d'un crime si abominable. Nous avons également réservé une déclaration sur les biens qu'il a laissés, à savoir quels seront les biens qui devront être dits et déclarés confisqués et [à quels biens cette confiscation s'étendra].

    Note : si vous voulez conserver le mot "croyant", il faut ajouter "des hérétiques".

    Cordialement.

  10. Puisqu'un crime si énorme est légitimement frappé de la pointe d'un sévère châtiment [construction ?], non seulement chez les vivants mais aussi chez les défunts, nous, frères, Antonio, inquisiteur susdit, ne voulant pas passer outre en fermant les yeux, après avoir diligemment délibéré et pris conseil du vénérable père, Monseigneur Bartolomeo, évêque du Palais Quirinal [querino = Querino (ou Querini, à voir) Castellanum = Castello], et de plusieurs autres savants, tant religieux qu'autres [m. dit] experts dans l'un ou [et] l'autre droit, tant de Venise que de Padoue, et après avoir cité péremptoirement les représentants dudit Degiano au jour et heure présents pour écouter la sentence définitive de ce Degiano, en absence desquels, ceux dont la présence est remplie de l'absence de Dieu et des anges [ce serait vraiment curieux : bien au contraire, Dieu et ses anges sont censés être présents ! Veuillez reprendre la phrase], et après avoir invoqué le Christ [nomine ?], siégeant en séance plénière, nous disons, définissons [inex.] et prononçons, et dans cet écrit, sentencieusement, nous jugeons, promulguons, et déclarons que ce Degiano a été un croyant fervent [Non ! Le mot est ambigu !!! Comment avons-nous traduit la dernière fois ?] et un receleur [impropre] d'hérétiques, et qu'il prononça sciemment de sa propre bouche des propos énormes contre la foi et cru aux erreurs des hérétiques, c'est pourquoi nous ordonnons de saisir et de confisquer ses biens, et en outre nous décrétons que les os de ce Degiano soient exhumés du cimetière ecclésiastique et brûlés par le bras séculier en détestation d'un crime si abominable. Nous avons également réservé une déclaration sur les biens laissés par lui, à savoir quels biens sont [ ? ] et doivent être déclarés confisqués et à quels biens cette confiscation s'étend.

  11. Vous n'abusez nullement.

    Les defectus, ce sont les défaillances morales que tout homme éprouve en raison de la partie corporelle de sa nature, et qui le poussent aux tentations auxquelles il peut ou non céder. S'il cède, il devient pécheur et nécessite le secours de la grâce divine.

    Pour l'hérétique en question, le Christ subit ces défaillances comme tout homme né de femme, alors que pour l'orthodoxie théologique, ces défaillances sont librement assumées par le  Christ, sans qu'on puisse bien évidemment lui imputer à péché.

    Christus non aliquo peccati debito corporales defectus contraxit, sed illos propria voluntate suscepit.

                                                                                                    (St Th., Quaestiones XIV, articulus III (conclusio))

     

  12. et le condamnant, lui et sa mémoire, avec une sévérité égale, nous ordonnons, en détestation d'un crime si abominable, que ses ossements et tout ce qui reste de son corps, s'ils peuvent être distingués des corps des autres défunts, soient exhumés du cimetière ecclésiastique et brûlés en vertu d'un jugement séculier. Déclarant tous les biens, tant mobiliers qu'immobiliers, de ce Giovanni confisqués selon les constitutions papales et les lois impériales ; cassant et annulant toutes ventes, donations, testaments, legs, codicilles et autres aliénations de toute nature qui ont été faits et faits par ledit Giovanni ou fait par un autre en ce qui concerne ses biens depuis la veille où il a commis les crimes ci-dessus mentionnés, nous les déclarons nuls et non avenus. Cette sentence a été prononcée en l'absence des héritiers dudit Giovanni alors qu'ils étaient, selon le droit, cités pour entendre la sentence, et en l'absence de toute autre personne désireuse de défendre ledit Giovanni et sa mémoire bien qu'elle ait été appelée par édit public à venir le défendre. Fait en 1305. Indiction trois.

  13. Voici la suite du texte :

    pronuntiamus et judicamus Johannem predictum fuisse credentem et fautorem hereticorum ac ipsum et ipsius memoriam pari severitate dampnantes, ossa ipsius et quicquid de corpore eius extat si decerni potuerit ab aliis corporibus aliorum defunctorum de cimiterio ecclesiastico exhumari similiterque cremari decernimus per juditium seculare in detestatione criminis tam nefandi. Omnia bona ipsius Johannis iuxta constitutiones papales et leges imperiales tam mobilia quam imobilia publicata declarantes. Cassantes et irritantes et cassas et irritas esse pronunciamus <omnes ve>nditiones donationes testamenta codicilios legata et alias cuiuscunque generis alienationes factas et facta per dictum Johannem vel per alium de bonis ipsius a die citra quo comisit crimina supradicta. Que sententia lata fuit absentibus heredibus dicti Johannis set legittime citatis ad sententiam audiendam et nullis aliis qui dictum Johannem et memoriam ipsius defendere vellent. proposito tamen publice citationis edicto, si qui eum defendere volebant. Millesimo Trecentesimo quinto. Indictione tercia.

     

    et nous le condamnons(1) lui et sa mémoire avec une sévérité égale afin que(2) ses ossements et tout ce qui reste de son corps, s'ils peuvent être distingués des corps des autres défunts, soient exhumés du cimetière ecclésiastique et de la même manière nous décrétons qu'ils soient brûlés par(3) la justice séculière en raison de la détestation d'un crime si abominable. Nous déclarons(1) que tous les biens, tant mobilières(4) qu'immobilières, de ce Giovanni soient confisqués selon les constitutions papales et les lois impériales. Nous cassons(5) et déclarons sans valeur, vain et sans effet toutes ventes, donations, testaments, legs, codicilles et autres transferts(6) de toute nature qui ont été faits et faits(7) par ledit Jean ou un autre en ce qui concerne ses biens depuis la veille(8) où il a commis les crimes ci-dessus mentionnés. Cette sentence a été prononcée en l'absence des héritiers dudit Giovanni alors qu'ils étaient légitimement cités pour entendre la sentence, et de toute autre personne qui aurait souhaité défendre ledit Giovanni et sa mémoire, après avoir été appelé par édit public s'il y avait une personne disposée venir le défendre(9). Fait en 1305. Indiction trois.     

     

    (1) Soit, mais il y a des participes.  

    (2) Inex. D’où tirez-vous cette idée de but ?

    (3) Autre mot préférable.

    (4) Faute de fr.

    (5) Construction ? D’autre part, il faut rendre cassantes/cassatas, etc…

    (6) « aliénations ».

    (7) Sens ?

    (8) Inex.

    (9) Phrase incorrecte.

  14. motus animi = mouvement de l'esprit : l'expression désigne aussi bien les passions (bonnes ou mauvaises) que le sentiment ou le jugement et, d'une manière générale, les facultés intellectuelles.  

     

    Puisque donc ce crime est condamné par le droit de la manière la plus expresse, non seulement chez les vivants, mais aussi chez les morts et leurs descendants, nous, frère Petrecino da Mantova, inquisiteur susdit, ayant vu, diligemment examiné l'affaire et porté notre attention sur l'infamie, les torts et les fautes du susdit Giovanni, ainsi qu'aux circonstances nécessaires par lesquelles notre sentiment peut et doit être éclairé de toutes les manières ; après avoir, pour cette affaire, pris conseil des hommes vénérables que sont le vénérable père vicaire, monseigneur frère Théobald, évêque de Vérone par la grâce de Dieu, et d'autres personnes, religieux, prélats, clercs séculiers et autres savants tous experts dans l'un et l'autre droit [droit romain et droit canon], par nous également diligentés, en considération des faits susmentionnés consignés dans cet écrit, siégeant en séance plénière pour rendre sentence, nous prononçons et jugeons que le susdit Giovanni était un fidèle et un sectateur des hérétiques,

  15. Bonsoir Mikoyan,

    Voici la première moitié du texte. Le reste suivra demain ou dans quelques jours.

    Puisque(1) ce crime est jugé par la Loi(2) de manière la plus évidente, non seulement en ce qui concerne les vivants mais aussi les morts et les héritiers(3). Nous, disons-nous(4), frère Petrecino da Mantova, inquisiteur susdit, ayant examiné et diligemment examiné(5) l'affaire et ayant été attentifs aux infamies méritées(6) et aux fautes du susdit Giovanni et aux circonstances nécessaires par lesquelles notre esprit est mu(7), peut et doit être informé de bien des façons(8). Ayant pris sur cette affaire conseil des vénérables personnes seigneurs vicaires, du vénérable père seigneur frère Teobaldo, par la grâce de Dieu évêque de Vérone, et des autres personnes, religieux, prélats, clercs séculiers et autres savants et experts en droit(9) par nous également diligentés, en considération des faits susmentionnés finalisés(10) dans cet écrit, siégeant en séance plénière pour rendre sentence, nous prononçons et jugeons que le susdit Giovanni était un croyant(11) et un fauteur(12) des hérétiques,

    (1) Il manque igitur.

    (2) « jugé » convient mal ici. Et pas de majuscule à « loi », ce n’est pas de la Loi divine dont il s’agit ici.

    (3) Une virgule (la phrase n’est pas terminée).

    (4) Inutile.

    (5) Jamais le même mot pour traduire des mots latins différents.

    (6) « aux démérites » (= torts).

    (7) motus est un nom.

    (8) Ponctuation.

    (9) Il manque utroque.

    (10) Soit, mais peu élégant.

    (11) Dans quel sens ? Car le mot peut prêter à confusion.

    (12) Le mot ne convient pas ici.

  16. Si l'on fait de corrupti sensus le sujet de fingere, il doit être à l'accusatif puisqu'on a une construction infinitive. Je ne dis pas que c'est un problème d'établissement du texte, mis une "faute" de l'auteur du texte, ou du moins une licence grammaticale.

     

    Cloelia, je n'accuse nullement Mikoyan.

  17. Bonsoir Mikoyan et Bill,

    - Je mettrais « la » plutôt que « leur » à la fin de la seconde ligne.

    - Le texte latin est fautif : il faut corruptos sensus : l’auteur a perdu le fil de la construction grammaticale. Mais le sens ne fait pas de doute.

    - asserere a souvent le sens de « établir comme vrai », « fonder »

    Je traduirais autem par « que dis-je ? » : à y réfléchir, répondre par des arguments semble finalement trop respectueux de l’adversaire…

    A la fin, je dirais « indignes qu’on y réponde ».

    Cordialement.

  18. Bonsoir Mikoyan,

    1° *gexisse pose difficulté. Il y a là une erreur de transcription. Pouvez-vous poster le manuscrit original  ?

    Si c'est gessisse qu'il faut lire, facta gessisse peut signifier "avoir célébré les actions".

    2° utor cum aliquo signifie quant à lui "fréquenter quelqu'un".

    On aurait donc : "... (qu')il a fait l'éloge des actes de ce Bonaventure et qu'il s'est trouvé en relation familière avec ces mêmes personnes"

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