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jacques

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  1. Merci de votre réponse et de votre courtoisie. Ma remarque était uniquement motivée par le fait que nous sommes sur un forum de latin : imaginerait-on mettre une traduction de Tolstoï à la place du texte original sur un forum de russe ? Pour moi, le latin vit essentiellement dans les textes anciens (je ne suis pas du tout "vita latina" !), utilisons-le donc et ne donnons pas l'impression que c'est une langue si difficile qu'il faut l'accompagner d'une traduction ou lui substituer une traduction, ce que pensent malheureusement beaucoup d'élèves et d'étudiants. La langue de la Vulgate n'est pas complexe ; bien sûr, le texte pose parfois des problèmes d'interprétation, mais ceux-ci sont d'un autre ordre. Ne prenez pas mal mes propos : c'est ma position, vous êtes évidemment libre de la partager ou non, et encore heureux !
  2. Vous remarquerez qu'il n'y a pas "portes" dans le texte du manuscrit. Remarquez aussi le titulus "filiis Chore" (= pour les fils de Coré et non des fils de Coré). Blackstone, je m'étonne que vous n'ayez pas posté le texte latin !
  3. De toutes manières, cela ne pouvait pas être autre chose...
  4. Merci beaucoup de toutes ces précisions. Le manuscrit est rudement bien conservé. L'abréviation pour "Jérusalem" est propre au scribe : il ne voulait pas couper le mot, trop long pour sa ligne, afin d'avoir le "hoc est" au début de la ligne suivante. N'hésitez pas à demander de l'aide.
  5. Au Moyen Age, on "moralise" des textes non seulement sacrés, mais aussi païens. L'ouvrage le plus connu, rédigé en "français", est l'Ovide moralisé, dont le ou les auteurs sont anonymes. Celui-ci a le mérite de nous avoir livré un récit, titré Philomena, dont l'auteur est peut-être Chrétien de Troyes, et qui est l'adaptation de la légende de Philomèle, Procné et Térée qu'on trouve dans les Métamorphoses. "Moralisé" signifie en théorie "récrit à des fins d'édification", mais cet objectif n'est pas toujours apparent, ce dont il n'y a guère à se plaindre, à mon avis.
  6. Bonjour Domino, Le texte latin est : Psalmus iste loquitur de c(a)elesti I(h)er(usa)l(e)m, hoc est de ecclesia triu(m)pha(n)te, et hortatur nos ad amore(m) c(a)elestis Iherusalem. Traduction : Ce psaume parle de la Jérusalem céleste, c'est à dire de l'Église triomphante, et nous exhorte à l'amour de la Jérusalem céleste.
  7. Ne s'agit-il pas plutôt d'un se de réciprocité (= "l'un l'autre" ou = "les uns les autres", dans un tout autre contexte...) ?
  8. Bravo et merci ! Mikoyan, je cède la place à Bill !
  9. "Et ce n'est pas pour nous une petite concession de... conformément à ce que stipulent manifestement les dispositions du seigneur pape..." Attention au sens de videntur, qui n'implique pas ici un doute.
  10. Mot à mot "Nous ne nous (sibi !) permettons pas une petite concession en ne lui infligeant pas..." La sentence est pénétrée de charité chrétienne...
  11. VII, v. 3-4 Quam magnus numerus Libyssæ harenæ Lasarpiciferis iacet Cyrenis => "En aussi grand nombre que les grains de sable de libyens qui couvrent le sol de Cyrène, la fertile en laser" Bill vous a bien éclairé. Vous pouvez traduire pratiquement au fil du texte : « aussi grand est le nombre des grains de sable lybiens qui reposent… aussi nombreux sont les astres que voient… ; aussi nombreux sont les baisers… Pourquoi « le sol » ? Tâchez de prendre une vue d'ensemble du texte avant de commencer le mot à mot. L'idéal est de comprendre l'essentiel à la lecture. Essayez sur les œuvres en prose. Je ne commente pas les autres poèmes traités par Bill ; en se partageant la tâche, on gagnera un temps précieux. Une petite exception malgré tout : Huc ut uenimus, incidere nobis Sermones uarii, in quibus, quid esset Iam Bithynia, quo modo se haberet, Ecquonam mihi profuisset ære. => "Comme nous venions d'arriver, nous tombèrent dessus divers sujets de conversation, parmi lesquels l'apparence actuelle de la Bithynie, l'état de ses affaires, un potentiel gain d'argent en ma faveur…" J'ai bien vu qu'il s'agissait d'interrogatives indirectes qui développent l'idée des sujets divers et variés abordés pendant la discussion entre Catulle et Varus. Je pense éviter le problème en ne faisant pas en français d'interrogatives indirectes. Peut-on me le reprocher ? Vous avez ici du discours indirect libre, « introduit » par sermones, et il faut absolument le respecter, sans quoi on pensera que vous ne l’avez pas reconnu ; d’autre part et surtout, vous ôtez son expressivité au texte. G. Lafaye vous montre l’exemple.
  12. Une version est un exercice écrit qui s'apparente à ce que fait le traducteur d'une œuvre étrangère : il doit donner l'impression que le texte traduit a été écrit directement dans la langue cible. C'est ce que fait G. Lafaye (sauf quand il édulcore les passages trop crus !). Une traduction orale établit un mot à mot qui, sans bien sûr aller jusqu'à l'incorrection ou sombrer dans le charabia, montre que vous avez perçu la construction des phrases, que vous possédez le sens des mots et que vous savez rendre le texte dans un français clair et intelligible, au plus près de l'ordre des mots, même si le résultat est un peu lourd. Une traduction juxtalinéaire "sent" la traduction, jamais ce ne doit être le cas d'une version, exercice qui teste les qualités littéraires jointes à la fidélité au texte (au contraire des "belles infidèles" des siècles passés). VI, v. 6-11 Nam te non uiduas iacere noctes Nequiquam tacitum cubile clamat Sertis ac Syrio fragrans oliuo, Pulvinusque peræque et hic et ille Attritus, tremulique cassa lecti Argutatio inambulatioque. => "Car tu ne laisses pas veuves les nuits de ta présence, ta couche muette/silencieuse le crient en vain en embaumant fortement les guirlandes et l'huile de Syrie, et les oreillers qui sont usés pareillement l'un et l'autre, le bavardage disloqué du lit branlant et ses va et vient." (trad. mienne) a) "veuves de ta présence" fait CS. b) Bien respecter la construction de clamat. c) crient est inc. en français. d) nequiquam porte sur tacitum ; le sens de l’expression est bien mis en valeur par Lafaye, mais il est difficile de la traduire mot à mot. e) Il faut laisser le mot qui traduit pulvinus au singulier. –> En effet, que tu ne gises pas des nuits entières dans le veuvage, c’est ce que ta couche, muette en vain, crie en embaumant les bandelettes et l’huile syriennes, ainsi que cet oreiller-ci et cet autre, pareillement foulés, et aussi le bavardage disloqué du lit branlant et ses va-et-vient.
  13. Vous êtes bien dans l'optique de la version : clamat gouverne la proposition infinitive, donc "crie que tu..." ; il faut le traduire ainsi. Oui, bien sûr clamat est au singulier par accord de voisinage ; vous enchaînerez comme le traducteur : "et aussi...". La solution pour garder l'ordre est de dire : " que tu passes tes nuits sans maîtresse, c'est ce que crie ta couche..." Attention ; ébats extra-conjugaux ou non, ce que Catulle reproche à Flavius, c'est d'avoir choisi une febriculosum scortum et de le taire par honte, dérobant ainsi au poète, qui fait flèche de tous bois, l'occasion d'un nouveau poème. Je n'ai plus le temps ce soir, ni demain. Bill ou Cloelia (au nom si illustre !) prendront le relais.
  14. Bien sûr qu'il faut lire et traduire les œuvres le plus tôt possible, mais il faut faire cela sans passer par l'écrit ; vous pouvez annoter votre édition, certes, mais la traduction juxtalinéaire, vous devez être capable de l'exécuter devant le texte latin, qu'il faut s'entraîner à comprendre à la lecture (pour un poète comme Catulle, c'est fondamental, et c'est d'ailleurs au moment de la lecture orale que vous montrerez que vous comprenez le texte et que vous êtes sensible à sa poésie, à son humour ou même à sa trivialité en variant les tons. Je suis agrégé de lettres classiques, et je vous assure que je n'ai pas eu d'autres méthodes... A ce sujet, je vous engage vivement, si ce n'est fait, à lire les rapports du concours édités en ligne sur le site de l'éducation nationale. Et bien sûr, pas de traduction entièrement rédigée lors du passage de l'épreuve : quelques notes et le plan de votre commentaire, qu'il ne faut pas négliger. Quant à l'ancien français, même s'il y a de fortes chances qu'il ne sorte pas cette année à l'écrit (ça a été le cas en lettres modernes cette année), je vous engage vivement à le traduire dès à présent avec autant d'application que les œuvres latines. L'ancien français est devenu ma spécialité, et je vous assure, pour avoir eu maintes déconvenues en faisant passer des oraux, que la traduction des textes médiévaux tend des pièges aux candidats à chaque ligne (ou vers) s'ils n'en ont pas l'habitude ou s'ils les ont préparés entre l'écrit et l'oral. Pour ce qui est du passage, vous n'êtes pas au bout de vos peines car en français, vous êtes maintenant obligé de laisser tomber le pronom relatif. Il faudra donc répéter "elle avait l'habitude" ou un équivalent, ce que vous ne feriez évidemment pas à l'écrit, et c'est aussi pourquoi il ne faut pas transformer l'exercice en version...
  15. Et vous allez faire cela pour les huit œuvres antiques et l'œuvre médiévale ? Bon, je ne vous connais pas et rien ne m'autorise à vous donner des conseils, mais pour moi (et d'autres !) c'est une méthode à proscrire car elle est coûteuse en temps et en efforts et beaucoup trop rigide. Nous en reparlerons peut-être. Je vous prie de m'excuser si la remarque était blessante. J'ai simplement profité de l'occasion. Vous ne pouvez pas traduire quem in sinu tenere par "qu'elle tient sur son sein", vu que tenere est un infinitif dépendant de solet ; même situation aux vers suivant.
  16. Bonjour L. Il faut en effet introduire un "et". Mais dois-je comprendre que vous rédigez intégralement vos traductions ? Voici la suite : II, v. 5-7 Cum desiderio meo nitenti Karum nescio quid lubet iocari Et solaciolum sui doloris a) Je propose « radieux » pour nitenti ; « riant » ne convient pas à l’objet du désir, la femme aimée (on a bien sûr ici une métonymie). b) solaciolum étant un nom, il ne peut être sur le même plan que karum, il répond plutôt à nescio quid. La traduction est évidemment délicate ; je propose : « …s’adonner à je ne sais quel tendre ébat et à un petit apaisement de sa douleur ». III, v. 17-18 Tua nunc opera meæ puellæ Flendo turgiduli rubent ocelli. a) Pour ce qui est de « puellae », une variété des traductions est possible, surtout quand le mot est présent dans deux vers consécutifs ou très proches. Le français n’aime pas les répétitions alors que le latin les accepte. b) Une parenthèse ne dites jamais « j’ai lu telle chose sur Internet » à un jury, indiquez la source exacte ; Internet n’est qu’un média… c) Pour flendo, pourquoi pas « à force de pleurer » ? IV, v. 3-4 Neque ullius natantis impetum trabis Nequisse præterire a) Soit pour « felouque », mais la réalité est un peu anachronique ; d’autre part, regardez la note de G. Lafaye (n° 2 p. 4). Il faudrait trouver un autre mot que « vaisseau » pour trabis, qui fait image. b) Pour impetus, je n’ai pas mieux que « élan » ou « course ». v. 6-7 Et hoc negat minacis Adriatici Negare litus insulasue Cycladas Efforcez-vous de placer le groupe verbal de la dépendante dès le début, et de coordonner par ou quand vous avez -ve et ni quant il y a –que (la construction de la négation n'est pas très classique, c'est fréquent en poésie, attention en thème ! « Il affirme que ce n'est pas le rivage de l'Adriatique menaçante qui le contredit, ou... ni... » Pensez à la scansion ! Dans le poème 4, vous avez des sénaires iambiques purs : beau trait de virtuosité ! Cordialement.
  17. Bonjour , cher Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (ou Latréaumont, d'ailleurs) ! Félicitation pour votre entreprise. Vous avez toutes vos chances si vous fournissez le (gros) effort nécessaire. Je suis passé par là, et je sais ce que coûte la préparation à l'agrégation avec un service complet d'enseignement à assurer. Je connais bien l'œuvre de Catulle, et je serai heureux de vous aider en compagnie de mes collègues du forum. Une première remarque : on ne dit pas "chant", mot réservé à la poésie épique, mais "poème" (carmen), tout simplement. Poème 1 : a) quod est un relatif de liaison dont l'antécédent est quicquid ; litt. : "accepte quoi que ce soit de ce petit livre, quel qu'il soit ; (et) que celui demeure...". b) Le mot patrona, féminin de patronus, évoque bien l'idée de protection dans l'imaginaire des Romains. Pourquoi pas "vierge, ô toi ma protectrice" ? c) saeclo est évidemment complément du comparatif plus ; litt. : "plus d'un siècle" (plus est ici un adverbe). Nous verrons la suite ultérieurement.
  18. Oui, c'est correct.
  19. Merci. Un contexte un peu plus large éclaire toujours. et si existens in nono copore complevisset poenam suam tunc sanabatur, alias ex tunc non erat ei locus poenae, sed in perpetuum damnabatur. Et si, présente dans ce neuvième corps (l'âme) avait purgé sa peine, elle était alors guérie ; si, à ce stade, ce n'était pas le cas, il n'y avait pour elle plus de place pour le châtiment, mais elle était damnée pour l'éternité. alias ex tunc = "autrement à partir d'alors".
  20. Pouvez-vous afficher les lignes précédant votre citation, afin que je voie à quoi se rattache le quod initial ? Merci.
  21. Dès lors que l'énormité d'un tel crime, non seulement chez les vivants mais aussi chez les défunts, est frappé légitimement par la pointe d'un sévère châtiment [toujours pas : mucro, c’est le glaive de la justice, et severi mucronis est complément du nom ultione ; c’est certes malaisé à traduire, mais essayez encore]. En conséquence, nous, frère Antonio, inquisiteur susdit, ne voulant pas passer outre en fermant les yeux, après avoir diligemment délibéré et pris conseil du vénérable père, Monseigneur Bartolomeo [Querino, évêque de Castello] , et de plusieurs autres savants, tant religieux que laïcs experts dans l'un et l'autre droit, tant de Venise que de Padoue, et après avoir cité péremptoirement les représentants dudit Degiano au jour et heure présents pour écouter la sentence définitive de ce Degiano, [dont l'absence est compensée] par la présence de Dieu et des anges, après avoir invoqué le nom du Christ, siégeant en séance plénière, nous disons, stipulons et prononçons, et dans cet écrit, sentencieusement, nous jugeons, promulguons, et déclarons que ce Degiano a été [un fervent croyant des hérétiques et leur hôte], et qu'il [a prononcé] sciemment de sa propre bouche des propos énormes contre la foi et qu'il cru aux erreurs des hérétiques, c'est pourquoi nous ordonnons de saisir et de confisquer ses biens, et en outre nous décrétons que les os de ce Degiano soient exhumés du cimetière ecclésiastique et brûlés par le bras séculier en détestation d'un crime si abominable. Nous avons également réservé une déclaration sur les biens qu'il a laissés, à savoir quels seront les biens qui devront être dits et déclarés confisqués et [à quels biens cette confiscation s'étendra]. Note : si vous voulez conserver le mot "croyant", il faut ajouter "des hérétiques". Cordialement.
  22. Puisqu'un crime si énorme est légitimement frappé de la pointe d'un sévère châtiment [construction ?], non seulement chez les vivants mais aussi chez les défunts, nous, frères, Antonio, inquisiteur susdit, ne voulant pas passer outre en fermant les yeux, après avoir diligemment délibéré et pris conseil du vénérable père, Monseigneur Bartolomeo, évêque du Palais Quirinal [querino = Querino (ou Querini, à voir) Castellanum = Castello], et de plusieurs autres savants, tant religieux qu'autres [m. dit] experts dans l'un ou [et] l'autre droit, tant de Venise que de Padoue, et après avoir cité péremptoirement les représentants dudit Degiano au jour et heure présents pour écouter la sentence définitive de ce Degiano, en absence desquels, ceux dont la présence est remplie de l'absence de Dieu et des anges [ce serait vraiment curieux : bien au contraire, Dieu et ses anges sont censés être présents ! Veuillez reprendre la phrase], et après avoir invoqué le Christ [nomine ?], siégeant en séance plénière, nous disons, définissons [inex.] et prononçons, et dans cet écrit, sentencieusement, nous jugeons, promulguons, et déclarons que ce Degiano a été un croyant fervent [Non ! Le mot est ambigu !!! Comment avons-nous traduit la dernière fois ?] et un receleur [impropre] d'hérétiques, et qu'il prononça sciemment de sa propre bouche des propos énormes contre la foi et cru aux erreurs des hérétiques, c'est pourquoi nous ordonnons de saisir et de confisquer ses biens, et en outre nous décrétons que les os de ce Degiano soient exhumés du cimetière ecclésiastique et brûlés par le bras séculier en détestation d'un crime si abominable. Nous avons également réservé une déclaration sur les biens laissés par lui, à savoir quels biens sont [ ? ] et doivent être déclarés confisqués et à quels biens cette confiscation s'étend.
  23. Si c'est pour une devise, mieux vaut faire plus bref : AMOR DOMVS NOSTRA
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