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Leçon numéro 8
Les pronoms - l'impératif - le supin, les participes passé passif et futur - le participe présent - le gérondif



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D'après Lavarenne et Cayrou.
La page 1 contient la leçon. La page 2 les exercices. La page 3 la correction des exercices.


Huitième leçon

Les pronoms

La déclinaison des pronoms français est très irrégulière. On a, quand ils sont sujets: je, tu; et quand ils sont cornplérnents: me, te; je t'aime, tu m'aimes.
Il en est de même en latin. Voici la déclinaison du pronom de la 1re personne et du pronom de la 2e personne:

Nominatif Ego, je, moi. Nos, nous Tu, tu, toi Vos, vous
Accusatif Me Nos Te Vos
Génitif Mei Nostri
ou Nostrum
Tui Vestri
ou Vestrum
Datif Mihi Nobis Tibi Vobis
Ablatif Me Nobis Te Vobis

Il n'y a qu'à constater, sans essayer de l'expliquer, la grande différence qui existe entre ego et me, entre me et nos, entre tu et vos. "C'est comme ça parce que c'est comme ça".
Remarquez bien en tout cas que, au singulier, l'accusatif et l'ablatif sont semblables: me, te.
Au pluriel, au contraire, c'est le datif et l'ablatif qui sont semblables, comme à l'ordinaire.
Les datifs nous offrent des formes bien curieuses: mihi, tibi, au singulier; nobis, vobis, au pluriel. Malgré cette étrangeté, les formes nobis et vobis sont parmi les plus connues, en raison de deux formules fréquentes dans la liturgie: Miserere nobis, "ayez pitié de nous", et Dominus vobiscum, "que le Seigneur soit avec vous".
A ce propos, nous pouvons noter immédiatement cette règle un peu bizarre: la préposition cum ("avec") se place après les pronoms personnels, et fait corps avec eux. Par exemple, on dit en français: un "vade mecum", c'est-à-dire un objet dont on ne se sépare jamais. Vade est l'impératif du verbe vadere, "aller, venir". L'expression signifie donc: "Viens avec moi". Cum gouverne toujours l'ablatif.
Quant au génitif de ces pronoms, il est tout bonnement emprunté aux adjectifs possessifs correspondants.
Mon se dit meus, mea, meum. Notre: noster, nostra, nostrum.
Ton se dit: tuus, tua, tuum. Votre: vester, vestra, vestrum.
Mei, tui, nostri, vestri, sont les génitifs de ces adjectifs possessifs.
Vous ayez remarqué qu'au pluriel il existe deux formes de génitif: nostrum, vestrum et nostri, vestri. On n'emploie pas indifféremment l'une ou l'autre. Nostrum et vestrum ne s'emploient que pour signifier: "d'entre nous", "d'entre vous". C'est ce qu'on appelle "sens partitif", où il est question de faire partie d'un ensemble. Exemple: "Le meilleur de nous", ou "d'entre nous": optimus nostrum. Mais si l'on dit: "L'esprit est la meilleure partie de nous", ce qui signifie la meilleure partie de notre individu, et non pas la meilleure personne de notre groupe, on traduira: Mens est optima pars nostri.
Cette vue sur les pronoms ne serait pas complète si nous n'y ajoutions l'étude du pronom réfléchi de la 3e personne.
Du pronom réfléchi seulement. Car il n'y a pas en latin de pronom personnel de la 3e personne, correspondant à nos: il, elle, le, la, lui, ils, elles, les, leur. On les remplace par un des pronoms démonstratifs dont nous parlerons dans une prochaine leçon.

Le pronom réfléchi offre beaucoup d'analogie avec le pronom de la 2e personne (tu, te, tui, tibi, te):

Accusatif -
Se
Datif -
Sibi
Génitif -
Sui
Ablatif -
Se
Naturellement, il n'y a pas de nominatif. Qu'est-ce en effet que le pronom réfléchi? C'est le pronom qui renvoie au sujet de la phrase, qui le "réflète" pour ainsi dire: de même qui, si vous faites tomber un rayon lumineux sur une glace, vous obtenez un autre rayon, appelé rayon réfléchi. II ne peut pas y avoir de rayon réfléchi s'il n'y a pas d'abord un autre rayon lumineux. De même il ne peut pas y avoir de pronom réfléchi, s'il n'y a pas d'abord un sujet exprimé. Autrement dit, le pronom réfléchi, par sa nature, ne peut pas être lui-même sujet. Il n'a donc pas de nominatif.
Il est important, pour éviter des contresens, de bien se rappeler que le pronom réfléchi (sui, sibi, se) renvoie toujours au sujet de la phrase. Petrus se amat, "Pierre s'aime" (il y a beaucoup de gens comme Pierre...)

L'adjectif possessif suus, sua, suum renvoie toujours, lui aussi, au sujet de la phrase. Pater amat liberos suos: "le père aime ses enfants". Mais je ne puis pas dire: "J'aime ses enfants", en employant suus pour traduire ses. Car le sujet est ici: Je, et les enfants ne sont pas les miens. Je serai obligé de traduire: "es enfants de celui-ci", en me servant du génitif d'un des pronoms démonstratifs dont nous parlerons bientôt.
Notons enfin que suus s'emploie, que le possesseur soit singulier ou pluriel, c'est-à-dire qu'il peut signifier son ou leur.

On n'exprime pas l'adjectif possessif, quand le sens est déjà clair sans lui. Lavat manus: "il lave ses mains". De même en français, je dis: "J'ai mal à la tête", sans adjectif possessif, parce que même les gens les moins intelligents comprennent bien qu'il ne peut s'agir de la tête du voisin.
L'impératif présent des quatre conjugaisons
ama
dele
lege
audi
amate
delete
legite
audite
La 2e pers. singulier se forme directement avec l'infinitif présent, en l'amputant de sa queue, si on peut ainsi désigner re: opération chirurgicale qui n'offre aucun danger, ni aucune difficulté.
La 2e pers. pluriel est conforme à l'indicatif présent, c'est-à-dire que avec amatis vous avez amate; avec deletis vous avez delete; avec legitis vous avez legite; et avec auditis vous avez audite.
C'est également en vous réglant sur l'indicatif présent que vous pouvez former sans erreur l'impératif futur.
amato
deleto
legito
audito
amatote
deletote
legitote
auditote
amanto delento legunto audiunto
Formes très rares, sauf dans les textes de lois.
Le supin - le participe passé passif - le participe passé futur
Lorsque vous regardez un verbe latin dans un dictionnaire, vous le trouvez toujours avec les formes suivantes:

Amo, as, are, amavi, amatum (aimer)
Scribo, is, ere, scripsi, scriptum (écrire)
Rapio, is, ere, rapui, raptum (ravir), etc.

Les deux premières formes sont la 1re et la 2e pers. sing. du présent indicatif. La 3e est l'infinitif présent qui, à vrai dire, n'est utile que pour différencier la 3e conj. mixte de la 4e; car dans toutes les autres conjugaisons, l'indicatif présent suffit: amo, as, deleo, es; lego, is. La 4e est le parfait.
La 5e forme, qui nous est encore inconnue, s'appelle le supin.
Ce supin lui-même est rarement employé. On le trouve seulement dans les deux cas suivants:
1. A la place de l'infinitif, après un verbe de mouvement: "Je vais jouer": Eo lusum (supin de ludere).
2. Une autre forme de supin, en u, comme manu (ablatif) s'emploie également à la place de l'infinitif, après quelques adjectifs qui marquent une impression: Res mirabilis visu (supin de video, voir): "chose admirable à voir". Horribile (neutre) dictu: "chose horrible à dire". Facile factu: "chose facile à faire", etc.
Remarquez l'emploi d'un adjectif neutre pour dire: "chose".
Mais, si le supin lui-même est peu employé, il sert à former le participe passé passif qui, lui, est très employé, comme son collègue français, d'ailleurs. De amatum, supin, on tire amatus, a, um, "aimé"; de scriptum, on tire scriptus, a, um, "écrit", etc.
C'est également du supin que se tire le participe futur actif, dont nous avons déjà fait la connaissance avec futurus: "qui sera", "devant être". Nous avons: amaturus, "qui aimera", "devant aimer"; scripturus, "qui écrira", "devant écrire", etc.
Le participe présent
Le participe présent offre une grande analogie de forme avec notre participe présent actif français:
"Aimant" se dit: amans, amantis et se décline sur prudens.
De delere, on a delens; de legere, on a legens; de audire, audiens, et capere suit naturellement la 4e: capiens, capientis.
Notons que les participes présents ont l'ablatif singulier en e, tandis que prudens fait tantôt prudente, tantôt prudenti. On a donc: legente, delente, etc. à l'ablatif singulier.
Le gérondif
L'infinitif d'un verbe est en somme un nom. La preuve, c'est que nous lui donnons quelquefois un article: "Le manger, le boire".
En latin, l'infinitif peut être, comme en français, sujet d'un, verbe: "Lire est agréable": Legere est jucundum. Dans ce cas, la forme jucundum (de jucundus, a, um) vous montre que l'infinitif est toujours considéré comme un nom neutre.
L'infinitif peut être, non seulement sujet, mais complément:
Ex.: "Le moment de lire" (lire, complément déterminatif de moment).
Le latin possède une sorte de déclinaison de l'infinitif: c'est ce qu'on nomme le gérondif du verbe.
Génitif
Amandi
Delendi
Legendi Audiendi
Dat. et Abl.
Amando
Delendo
Legendo Audiendo
Acc. après ad Amandum Delendum Legendum Audiendum
Cette dernière forme sert uniquement à exprimer l'idée de pour. "Il lit pour apprendre": Legit ad discendum (discere, o, is: nous avons déjà vu discipulus, "l'élève", celui qui apprend).
Cette forme en dum est d'autant plus curieuse que nous avons dit: "L'infinitif est considéré comme un nom neutre". Et en effet, partout ailleurs que dans cette locution ad amandum, on trouve l'accusatif semblable au nominatif. "Il aime apprendre": amat discere. "Il désire voir": cupit videre, etc.
Le génitif, le datif et l'ablatif (on dit couramment: le gérondif en di, le gérondif en do) s'emploient normalement:
"L'heure de lire": tempus legendi. "Apte à apprendre": aptus discendo. "Il a beaucoup appris en lisant" (= par la lecture): multum didicit (parf. de discere) legendo.




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