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Leçon numéro 23
Le style indirect



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D'après Lavarenne et Cayrou.
La page 1 contient la leçon. La page 2 les exercices. La page 3 la correction des exercices.


Vingt troisième leçon

Le style indirect

Une des particularités les plus curieuses du latin, c'est la fréquence du style indirect.
Lorsque nous rapportons, en français, les paroles de quelqu'un, nous ouvrons généralement les guillemets et nous donnons les mots tels qu'il les a prononcés.

"Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?"
Dit cet animal Plein de rage.

Toutefois, nous pouvons rapporter ces paroles sous la forme de propositions subordonnées, compléments directs d'un verbe dire ou analogue. "Cet animal plein de rage lui demanda qui le rendait si hardi, de troubler son breuvage". Mais dès que le discours est un peu long, cette seconde tournure, qui fait naître des subordonnées à perte de vue, qui multiplie les que, les qui, etc., est nettement opposée au génie de notre langue.
En latin, au contraire, la longueur de la phrase, la multiplicité des propositions subordonnées, n'effrayait nullement un auteur. Et l'on trouve des pages entières composées de propositions infinitives, compléments du verbe "il dit", entrecoupées de relatives et de circonstancielles.
De la proposition infinitive, il n'y a rien à dire, nous l'avons étudiée maintes fois. Mais en ce qui concerne les propositions subordonnées aux infinitives, il faudra se rappeler que normalement elles doivent se mettre au subjonctif comme nous l'avons signalé la dernière fois (attraction modale).
Par extension, on dit aussi que le subjonctif est amené par le style indirect, lorsque, dans une phrase ordinaire, on exprime la pensée de quelqu'un. Par exemple si je dis: "Socrate fut condamné parce qu'il corrompait la jeunesse", Socrates condemnatus est quod corrumpebat juventutem, (indicatif), c'est que j'énonce un jugement personnel: "Socrate corrompait effectivement la jeunesse".
Mais si je dis: "Socrates condemnatus est quod corrumperet juventutem", mon subjonctif indique que je ne prends pas ce jugement à mon compte, que je ne fais que rapporter la pensée des juges de Socrate. "Socrate fut condamné à mort, parce que, disait-on, il corrompait la jeunesse". On pourrait même traduire: "sous prétexte qu'il corrompait la jeunesse".
On voit comment ce simple changement de mode permet d'exprimer une opinion différente dans les deux cas.




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