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Leçon numéro 12
Le verbe ire et ses composés - Les compléments circonstanciels de lieu



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D'après Lavarenne et Cayrou.
La page 1 contient la leçon. La page 2 les exercices. La page 3 la correction des exercices.


Douzième leçon

Quelques verbes irréguliers: ire et ses composés

Le verbe ire, "aller", eo, is, ivi (ii), itum.
Le présent de l'indicatif fait: eo, is, it, imus, itis, eunt.
Ainsi, bien que le présent de l'infinitif ressemble à la 4e conjugaison, nous avons: eo, eunt.
Au subjonctif présent, on a: eam, eas, eat, eamus, eatis, eant. Imparfait de l'indicatif: ibam, ibas, ibat, etc. Futur: ibo, ibis, etc. Participe présent: iens, gén. euntis. Gérondif: eundi, do, dum.
Ne nous attardons pas sur le temps de l'imparfait du subjonctif, "le temps le plus simple à former": de ire, on tire irem, ires, etc., tout naturellement; ni sur les temps composés du parfait: iveram, ivero, iverim, ivissem; ni du participe futur iturus, composé du supin. Ils n'offrent aucune irrégularité.
Ce qu'il. faut donc remarquer, c'est que:
1. Devant une consonne ou un e, on trouve un radical i: ibam, ibo, iens, etc.
2. Devant un a, un o ou un u, on a un e: eo, eunt, eam, euntis, eundi.
En somme, ce verbe n'est pas; trop compliqué. Il est utile connaître en raison de ses nombreux composés: adire, "aller vers", "aborder quelqu'un"; abire, "s'en aller"; exire, "sortir", d'où le mot français un exeat, c'est-à-dire une "autorisation de sortie", et le mot anglo-américain: exit, "sortie"; interire, "mourir" ; redire, "revenir"; transire, "passer", d'où transit et transition: ineo, "entrer, commencer"; perire, "périr"; praeterire, "passer"; subire, "aller sous".
Perire, "être perdu", sert de passif à perdere.
Venire, veneo, venis, etc. sert de passif à vendere et signifie "être vendu": ne pas le confondre avec venire, io, is, "venir".
Enfin, deux verbes rares: queo, "je peux", et nequeo, "je ne peux pas", sont également des composés de ire.

Les compléments circonstanciels de lieu
On peut en distinguer quatre sortes qui répondent aux questions suivantes:
1. "Où suis-je? où es-tu? etc. 2. "Où vais-je? où vas-tu?" etc. 3. " D'où viens-tu?" 4. "Par où passes-tu?"
Dans ce premier cas, le nom désigne un endroit dans lequel on se trouve. La question: "Où suis-je?"se dit en latin: ubi sum?
Le complément de lieu qui répond à la question ubi? se met normalement à l'ablatif précédé de in "dans" ou "sur" ou de sub "sous".
Sum in urbe, "je suis dans la ville".
Il s'agit alors d'un endroit vers lequel on se dirige. En latin où? ne se traduira plus par ubi, mais par quo? quo eo? quo vadis? (de vadere, o, is, autre verbe qui signifie aussi "aller").
"Vers" se dit ad, ainsi que nous l'avons déjà vu, et veut toujours après lui l'accusatif. "Dans" se dit toujours in, mais à la question quo? in et sub, "sous", veulent tous deux l'accusatif, comme ad.
Unde venis? Marquant l'éloignement, la provenance, où se dit unde, et le complément de lieu, dans cas, se met à l'ablatif, qui est naturel, car l'ablatif est pardéfinition le cas de l'éloignement.
"Je sors de la ville": exeo ex urbe. "Je m'éloigne de la ville": discedo ab urbe. La différence entre ex et ab (a devant une consonne, ab devant une voyelle), c'est que ex indique qu'on sort d'un lieu, et ab qu'on s'éloigne d'un lieu dans lequel on était pas.
Qua transis? (de transire). Le lieu par où l'on passe se met souvent à l'ablatif, comme il sied en général à un complément circonstanciel. D'autres fois, on se sert de per = "à travers", préposition qui veut après elle l'accusatif. "Il passe par la Voie Sacrée" (rue fameuse de Rome), Iter facit Via Sacra (abl.). "Il passe par la ville", transit per urbem (acc. avec per).
Ainsi, selon que l'on se dirige vers un lieu, ou que l'on est déjà dans ce lieu, on emploiera d'abord un interrogatif (ad verbe) différent (ubi, quo) et, dans la réponse, un cas différent.
Sum in urbe, "je suis dans la ville". Eo in urbem, "je vais dans la ville".
Ces "questions de lieu", comme on a l'habitude de les désigner dans les grammaires, ne sont pas en somme bien difficiles à comprendre. Mais elles offrent quelques petites complications accessoires.
1. Les adverbes "ici", "là", diffèrent selon les questions, de même que l'adverbe où, que nous avons déjà vu.
Nous avons plusieurs pronoms-adjectifs démonstratifs pour dire celui-ci, celui-là. De même il y a plusieurs adverbes pour dire ici, là, et ces adverbes sont dérivés de chaque démonstratif.
Nous avons à la question:
Venant de: Ubi Quo Unde Qua
Is Ibi Eo Inde Ea
Hic Hic Huc Hinc Hac
Ille Illic Illuc Illinc Illac
Iste Istic Istuc Istinc Istac
Notons: partout un i à la question ubi; uc à la question quo, sauf pour eo; in à la question unde; a à la question qua. Pour cette dernière question, à côté de ea, hac, etc., il faut sous-entendre via (abl.)': chemin. Ea via = "par ce chemin-ci", etc.
Pour eo, qui diffère de huc, illuc, istuc, retenir l'exemple: Quo vadis! "Où vas-tu?", exemple facile à retenir, à cause du titre du fameux roman, et retenons la réponse: eo eo = "je vais là": deux fois de suite eo, mais le 1er est le verbe et le 2e un adverbe.
2. Ce n'est pas tout. Il faut encore observer que, devant les noms de ville, on ne met pas de préposition, sauf per. Question ubi: "Je suis à Athènes", sum Athenis, abl. de Athenae, arum, nom pluniel. "Je suis à Avignon", Avenione; "à Carthage", Carthagine.
Question quo: "Je vais à Rome", eo Romam; "à Lyon", Lugdunum.
Question unde: "Je reviens de Carthage, de Rome": Redeo Carthagine, Roma.
3. A la question ubi, les noms de villes de la 1re et de la 2e déclinaison du singulier, au lieu de ,se mettre à l'ablatif, se mettent à un vieux cas, disparu partout ailleurs, qu'on appelait le locatif et qui se confond pratiquement avec le génitif.
On dit donc: "Je suis à Rome", sum Romae; "à Lyon", Lugduni (de Lugdunum).
Mais notez bien que cette règle n'est valable que pour les villes des 1re et 2e déclinaisons qui sont du singulier. Nous avons vu tout à l'heure Athenis, à l'ablatif, parce que Athenae, arum, est de la 1re déclinaison, mais du pluriel.
4. Quelques noms communs ont conservé eux aussi le "locatif" en question. Ce sont les mots: domi, "à la maison"; humi, "à terre"; ruri, "à la campagne". Ruri vient de rus, ruris, de la 3e déclinaison: ruri n'est donc pas un génitif.
Ces trois noms, suivant encore l'exemple des noms de ville, ne prennent pas de préposition. Eo domum, "je vais à la maison". "Je vais à la campagne": eo rus (acc.). Redeo domo (abl.) , "je reviens de la maison", question unde.
Les questions de lieu sont généralement l'occasion d'erreurs nombreuses de la part des élèves.




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