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Leçon numéro 10
Les pronoms et adjectifs relatifs, interrogatifs et indéfinis - les verbes au passif



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Pour le moment d'après Lavarenne et Cayrou.

La page 1 contient la leçon. La page 2 les exercices. La page 3 la correction des exercices.


Les pronoms et adjectifs relatifs, interrogatifs et indéfinis

En français, notre pronom relatif est qui, que, dont. La forme varie selon la fonction dans la proposition.
"L'homme qui apprend s'enrichit". Qui est du masculin singulier parce qu'il tient la place de homme: qui est sujet de apprend: il serait en latin au nominatif.
"Les leçons que j'apprends sont difficiles". Que est du féminin pluriel, parce qu'il tient la place de leçons; que est le complément direct de j'apprends, il serait en latin à l'accusatif.
"Le professeur dont je suis les cours est un brave père de famille". Dont est au masculin singulier parce qu'il remplace professeur; dont est le complément déterminatif du nom cours, et serait au génitif en latin, etc., etc.

Singulier
Nominatif qui quae quod
Accusatif quem quam quod
Génitif cujus cujus cujus
Datif cui cui cui
Ablatif quo qua quo

Pluriel

Nominatif qui quae quae
Accusatif quos quas quae
Génitif quorum quarum quorum
Datif quibus quibus quibus
Ablatif quibus quibus quibus
Ce n'est pas très différent de ille, de hic, etc. Cependant, il y a plusieurs cas curieux: l'accusatif masculin en em, quem, tandis que nous avions illum, hunc, etc.; le féminin singulier, et par suite le neutre pluriel en ae: quae, comme haec, tandis que nous avions illa, ea, etc.; le génitif sing. en ujus: cujus, comme hujus, et le datif en ui: comme huic. Le datif ablatif. pluriel en ibus, comme dans la 3e déclinaison, tandis que nous avions illis etc., comme dans la 2e.
Le pronom interrogatif: qui? que? quoi! lequel? ne diffère du relatif qu'au nominatif singulier masculin: quis et neutre: quid. Partout ailleurs, il est identique: quem, quam, quid, cujus, etc.
La plupart des pronoms indéfinis ne sont que des composés de qui ou de quis:
Aliquis, aliqua, aliquid (pronom) et aliquod (adjectif) = "quelqu'un, quelque chose" (pronom) ou "quelque" (adjectif).
On trouve aussi, dans le même sens, ce pronom sans ali: quis, qua, quid ou quod.
Quisque, quaeque, quidque (pronom) et quodque (adjectif): "chacun".
Quisquam: "quelqu'un"; quidam, quaedam, quiddam et quoddam: "un certain homme", "une certaine chose"; - quivis, quaevis, quidvis et quodvis; quilibet, quaelibet, quidlibet et quodlibet: "n'importe qui, n'importe quoi, n'importe lequel".
Lorsque dans une interrogation, il s'agit de deux personnes ou de deux choses, le latin n'emploie pas quis, mais un autre pronom: uter, utra, utrum, "lequel des deux?"
Uter se décline comme niger, nigra, nigrum, "noir", bonus, a, um, mais toujours avec le génitif en ius et le datif en i: utrius, utri.
Il existe des composés de uter, comme des composés de quis:
- neuter, neutra, neutrum, "ni l'un ni l'autre";
- uterque, utraque, utrumque, "l'un et l'autre";
- alteruter, alterutra, alterutrum, "l'un ou l'autre".
Citons encore quelques pronoms-adjectifs qui, suivant cette déclinaison pronominale, ont le génitif en ius et le datif en i:
ullus et nullus, "aucun"; unus, "un seul"; solus, "seul"; totus, "tout entier".
La différence de sens entre ullus et nullus est importante à comprendre, parce que la même différence existe entre un certain nombre de mots.
Dans nullus, vous voyez un n; le mot est négatif, comme en français aucun ...ne: "Aucun citoyen n'est plus utile à son pays que celui qui élève une famille nombreuse". Nullus traduit à la fois aucun et ne.
"Y a-t-il aucun mérite à dépenser sans compter?" Ici il n'y a pas de négation; aucun = un: ullus.
La différence est la même entre unquam et nunquam : "jamais" et "ne... jamais"; usquam et nusquam: "nulle part".
Les verbes au passif
Nous avons jusqu'ici étudié seulement les verbes actifs, c'est-à-dire ceux qui expriment une action: "j'aime mes enfants", "j'écris une lettre", "je viens", "je parle", etc.
Le verbe peut exprimer aussi une action, non pas que nous faisons, mais que nous subissons: "Je suis invité par le percepteur à payer mes contributions". "Cette histoire était racontée par ma grand-mère". "Le criminel sera puni par la justice".
On dit alors qu'on a affaire à un verbe passif.
En français, pour conjuguer un verbe passif, on prend le participe passé de ce verbe, et on l'ajoute au verbe être.
Exemple: écouter. Présent indicatif: actif, j'écoute; passif, je suis écouté (verbe être et participe passé).
Verbe aimer. Subjonctif présent: actif, que j'aime; passif, que je sois aimé.
Verbe admirer. Futur indicatif: actif, il admirera; passif. il sera admiré.
Remarque importante. Il ne faut pas confondre les verbes passifs avec certains verbes actifs exprimant un mouvement qui, aux temps composés, sont conjugués avec le verbe être au lieu du verbe avoir: "je suis venu, je suis allé, je suis desendu". Dans ce cas-là, personne ne me fait subir une action, c'est moi qui fais une action: ce sont. des verbes actifs.
En latin, on forme le passif d'un verbe de deux façons bien distinctes selon qu'il s'agit d'un temps simple ou d'un temps composé.
Débarrassons-nous tout de suite des temps composés, pour lesquels la question est particulièrement simple:
En latin, les temps composés du passif se forment comme en français, c'est-à-dire qu'on se sert du participe passé et du verbe être: "j'ai été aimé", fui amatus, "j'avais été écouté", fueram auditus.
Mais en général, au lieu du temps passé du verbe être (temps composé), on emploie le temps présent (temps simple) correspondant: c'est-à-dire qu'au lieu de amatus fui, on trouve généralement amatus sum; au lieu de amatus fueram, amatus eram; de amatus fuero, amatus ero; de amatus fuerim, amatus sim; de amatus fuissem, amatus essem; de amatus fuisse, amatus esse.
Cela est facile à comprendre. Puisque l'idée du passé est déjà contenue dans le participe, il est inutile de la renouveler en employant encore un temps passé. Sum amatus = "je suis ayant été aimé", par suite = "j'ai été aimé".
Les temps simples du passif se forment en changeant la terminaisons de l'actif
Ce n'est pas très compliqué non plus: il s'agit de bien connaître les temps actifs, et on forme automatiquement les mes temps du passif. Exemple:
Amo J'aime Amor Je suis aimé
Amas Tu aimes Amaris Tu es aimé
Amat Il aime Amatur Il es aimé
Amamus Nous aimons Amamur Nous sommes aimés
Amatis Vous aimez Amamini Vous êtes aimés
Amant Ils aiment Amantur Ils sont aimés
Nous voyons qu'à la première personne, singulier et pluriel, la terminaison du passif est r. Ex.: "J'avertissais", monebam; "j'étais averti", monebar. "Je prendrai", capiam; "je serai pris", capiar. "Que nous écoutions", audiamus; "que nous soyons écoutés", audiamur; etc.
La 3e pers. singulier et pluriel se forme en ajoutant ur: "il aimait": amabat; "il était aimé", amabatur. "Ils écouteront", audient; " ils seront écoutés", audientur.
La 2e pers. plur. se forme en remplaçant tis par mini: "vous écoutez", auditis; "vous êtes écoutés", audimini; amabitis: amabimini; etc., etc.
La 2e pers. sing. est la seule qui offre une particularité.
En règle générale, on remplace s par ris ou (plus rarement) par re. "Tu aimais", amabas; "tu étais aimé", amabaris (ou amabare) ; "que tu aimes", ames; "que tu sois aimé", ameris (ou amere).
Mais si à l'actif, on a la terminaison is avec un i bref, cet i se change en e.
Comme nous l'avons déjà expliqué, dans la première leçon, les voyelles latines sont tantôt brèves, tantôt longues, comme les voyelles françaises d'ailleurs: on dit une patte, avec un a bref, et une pâte, avec un a long. On dit une bette (légume) et une bête.
Il est donc aisé de comprendre qu'en latin il y ait eu aussi des syllabes longues et des syllabes brèves.
Donc répétons: si la terminaison de la 2e pers. sing. active est is avec un i bref, cet i bref se changera en e.
Or, il n'y a pas à se creuser la tête, ni à faire de grandes recherches pour savoir la longueur ou, comme on dit, la quantité des i qu'on rencontre dans la conjugaison latine.
Il n'y a que deux is brefs:
1. L'is de bis, 2e pers. sing. du futur des 1re et 2e conjugaisons: amabis, monebis. On aura donc au futur passif: "tu seras aimé", amaberis; "tu seras averti", moneberis.
2. L'i du présent de la 3e conjugaison: legis, "tu lis"; "tu es lu": legeris; "tu prends": capis; "tu es pris": caperis.
En revanche, venant de audis, qui est de la 4e, on a: "tu es écouté": audiris, car l'i est long.
A titre d'exemples, les quatre présents de l'indicatif passif:
Amor Moneor Legor Audior
Amaris (amare) Moneris (monere) Legeris (legere) Audiris (audire)
Amatur Monetur Legitur Auditur
Amamur Monemur Legimur Audimur
Amamini Monemini Legimini Audimini
Amantur Monentur Leguntur Adiuntur
Il est absolument inutile de donner tous les temps, Ils n'offrent rien de remarquable. On peut les former soi-même en appliquant les deux règles que nous avons données pour les temps composés et pour les temps simples.
Les quelques remarques qu'il est nécessaire d'ajouter portent sur:
1. La 2e pers. singulier de l'impératif qui est toujours terminée en re, alors que dans les autres temps, elle est presque toujours terminée en ris. "Sois aimé": amare; "sois averti": monere; "sois lu": legere; "sois écouté": audire. Si bien qu'en définitive, l'impératif passif a la même forme que l'infinitif actif. Il faudra s'en souvenir pour ne pas se laisser tromper par cette ressemblance.
2. Les infinitifs présents: amari, moneri, legi, capi, audiri. Remarquons qu'ils sont tous formés en changeant re en ri, sauf dans la 3e: legi, capi, où ere est remplacé par i seulement.
3. L'infinitif futur passif, formé du supin invariable et d'un infinitif passif du verbe ire, aller (verbe qu'on retrouve dans le français; j'irai) . "Devoir être aimé": amatum iri. "Devoir être écrit": scriptum iri.
Il est très important de bien connaître la conjugaison passive en latin, pour deux raisons:
La première, c'est que, par goût, les Latins employaient le passif plus fréquemment que nous, et qu'on rencontre par conséquent beaucoup de formes passives.
La deuxième, c'est qu'il y a en latin de nombreux verbes qui ont le sens actif, mais qui se conjuguent, au passif. C'est ce qu'on appelle les verbes déponents.
Par exemple, le verbe imitor, imitaris qui, comme on peut le voir, se conjugue au passif, a le sens actif: "j'imite, tu imites", etc.
Le verbe sequor, sequeris, sequitur, etc.: "je suis, tu suis, il suit"; le verbe blandior, blandiris, blanditur, etc.: "je flatte, tu flattes, il flatte", sont dans le même cas.
Il n'est donc pas exagéré de dire qu'on rencontre en latin presque autant de formes passives que de formes actives.




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