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Mikoyan

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  1. Dans le même registre, il y a une phrase dans une autre déposition dont je ne suis pas certain du sens. Je la mets en gras. Je comprends : avec d'autres personnes portant sur eux l'insigne (plutôt que les insignes) de leur office qui est le signe de la foi (autrement dit la croix). In nomine domini, amen. Anno eiusdem millesimo ducentesimo quadragesimo quinto, indictione tertia, die duodecimo intrante augusto. Notum sit omnibus presentes litteras inspecturis quod Turixanus Angulini nuntius comunis Florentie et Benvenutus Conpagni de Ultra Arno similiter nuntius comunitatis eiusdem venerunt ad claustrum fratrum predicatorum, missi a Pace Pesamiola de Bergamo potestate Florentie, ut dicebant, cum quibusdam aliis gestantes secum insignia officii quod habebant in signum credulitatis, ibique fratri Rogerio de ordine fratrum predicatorum hereticorum inquisitori a sede apostolica in Tuscia deputato preceperunt ex parte potestatis iam dicte quod sententiam quam tulit contra Pacem et Baronem fratres fllios olim Baronis revocet et casset, et reddat eis pecuniam in qua condemnavit eos, quia dicebat quod lata fuit ista sententia contra mandatum imperatoris; quod si non faceret mandaverunt eidem fratri ex parte potestatis predicte sub pena mille marcarum quod die lune sequenti se suo conspectui representet. Facta sunt hec in capitulo fratrum predicatorum, presentibus fratre Nicholao subpriore et fratre Petro Veronensi et fratre Guidalotto et fratre Donato et fratre Guilielmo et pluribus aliis. Ego Michael quondam Michaelis de Burgo Novo iudex et auctoritate imperialis aule notarius his omnibus interfui, et de mandato dicti fratris ut superius continetur scripsi et publicavi. Au nom du Seigneur, Amen. En l'an du Seigneur 1245, indiction 3, le 12e jour du début d'août1, qu'il soit connu de tous ceux qui liront la présente que Turixano Angulini, messager de la commune de Florence, et Benvenuto Compagni d'Oltrarno, messager également de cette commune, vinrent au cloître des frères Prêcheurs, envoyés par Pace Pesiamola di Bergamo, potesta de Florence, afin qu'ils disent, avec d'autres personnes portant sur eux les emblèmes de l'office qu'ils avaient dans le signe de la foi, au frère Rogerio, de l'ordre des frères Prêcheurs, inquisiteur des hérétiques en Toscane par institution du siège apostolique, l'injonction du susdit potesta de casser et de révoquer la sentence qu'il avait prononcée contre Pace et Barone, frères, fils du défunt Barone, et de rendre l'argent qu'il leur avait saisi dans cette condamnation, au motif que cette sentence avait été prononcée contre l'ordre de l'Empereur, et que s'il ne le faisait pas, ils avaient mandat de la part du susdit potesta d'infliger à ce frère une amende de 1000 marcs qui devra être versée le lundi qui suit cette assignation. Ces faits se sont passés dans le chapitre des frères Prêcheurs, en présence de frère Nicola, sous-prieur, de frère Pietro di Verona, de frère Guidalotto, de frère Donato, de frère Guglielmo, et de plusieurs autres personnes. Moi Michael, <fils> du défunt Michael de Burgonovo, juge et notaire par autorité de la cour impériale, assista à tout cela, et je l'ai écrit et publié comme il est contenu au-dessus sur le mandat desdits frères. 1C'est-à-dire le samedi 12 août 1245.
  2. Bonjour Raoul, De retour d'une petite escapade, je découvre votre réponse. Je vais prendre le temps de regarder tout ça de prés et je reviens si nécessaire. Merci pour votre aide aussi précieuse que fidèle.
  3. Bonjour, Je n'arrive pas à comprendre le sens des arguments de la première partie du texte et je pense avoir compris ceux de la deuxième partie, mais je n'en suis pas sûr. Toute aide sera la bienvenue même parcellaire. Quod non sit malum principium, sicut dicunt heretici, probatur sic. Nulla priuacio separata a subiecto est, ut patet in cecitate et claudicacione. Malum ergo si intelligatur separatam penitus, nichil est. Item nullus defectus entis, in quantum ens, est. Malum est tale, ergo non est, uel nichil est per se in quantum tale, nisi racione subsistensis in subiecto, quod concedimus. Et sic patet quod non est principium malum, cum principium sit aliquid existens. Item quero quid dicit principium. Si dicit : nescio, dic ei : quare ergo affirmas disputando quod nescis ? Hoc est quod dicit Apostolus ad Timo. I, capitulo I : <A quibus quidam> aberrantes conuersi <sunt> in uaniloquium, uolentes esse legis doctores, non intelligentes <neque quae> loquuntur <neque> de quibus affirmant. Si dicit, principium est ante quod nichil est et post quod omnia, die ; uera est diffinicio et ita oportet diffiniri principium. Ergo non sunt duo principia : ergo malum non est principium, cum sit ante omnia, sicut diffinitum est, principium. Item dicit hereticus quod istud malum principium est diabolus. Modo quero si diabolus peccat. Si dicit non dico : ergo non est principium peccati, ut dicis. Si dicit sic, peccat quero quid est peccare. Si dicit peccare est contre legem facere, si contra suam legem facit, non peccat, cum sit mala lex ipsius. Si dicit contra legem Dei facit, dico : cum ipse sit naturaliter malus, nec potest accipere legem Dei bonam, ergo non facit contra legem Dei et sic non peccat ; ergo non est principium mali. Sic, dicit : non est peccare contra legem facere, contra Apostolus : Ubi enim non est lex nec preuaricacio. Patet ergo quod malum non est principium, nec diabolus fuit naturaliter malus, nec est principium, cum fuerit creatus angelus bonus a Deo, qui est principium et creator omnium rerum uisibilium et inuisibilium, sicut patet inferius per dicta sanctorum. Voici comment est démontrable la non-existence du principe du mal que les hérétiques prônent. Nulle absence est séparée du sujet, comme les hérétiques l'attestent dans leur aveuglement et boitement. Donc, le Mal, s'il est considéré comme absolument séparé <du sujet> , est rien. De même, nul n'est privé de l'être, dans la quantité de l'être. le Mal est tel, donc, qu'il n'est pas, ou n'est rien par lui-même. en telle quantité, excepté la raison de la substance dans le sujet, que nous délaissons. Ainsi, il est évident que le principe du Mal n’existe pas, alors que le principe est quelque chose d'existant. De même, je demande <maintenant> pourquoi les hérétiques disent principe. S'ils répondent qu'ils ne savent pas pourquoi ils le disent. Je rétorque alors qu'ils soutiennent ce qu'ils ne savent pas. C'est ce que dit l'Apôtre à Timothée : « Certains se sont fourvoyés dans de vains verbiages, voulant être des docteurs de la Loi, alors qu'ils ne comprennent ni de ce dont ils parlent ni de ce qu'ils affirment »1. S'ils répondent que le principe existe avant que le rien n'existe et après que tout <soit>. Si c'est la véritable définition et que c'est ainsi qu'il faille définir le principe, c'est qu'il n'existe donc pas deux principes. Le Mal n'est donc pas un principe, bien qu'il soit avant tout, comme cela a été défini. De même,<si> les hérétiques disent que le diable est ce principe du mal. Je demande si le diable a péché. S'ils répondent par la négative, c'est donc qu'il n'est pas le principe du péché d’après leur propre aveu. S'ils répondent par l'affirmative, je demande ce qu'est le péché. S'ils répondent que le péché est le fait d'agir à l'encontre de la Loi. <Je demande alors> si le diable ne pêche pas quand il agit contre sa propre Loi, puisque sa Loi serait mauvaise. S'ils répondent que le diable pèche quand il agit contre la Loi de Dieu. Je rétorque, alors que le diable serait naturellement mauvais et qu'il ne pourrait pas non plus recevoir la loi du Dieu bon, par conséquent il ne peut agir à l'encontre de la loi de Dieu, donc il ne pèche pas et n'est pas le principe du mal. Mais s'ils répondent que le diable ne pêche pas quand il agit contre la Loi, ils le disent en contradiction avec ce que dit l'Apôtre : « en l'absence de la Loi, il n'y a pas non plus de transgression »2. Il est donc évident que le Mal n'est pas un principe et que le diable n'est pas non plus mauvais naturellement, ni qu'il est un principe, puisqu'il a été créé bon ange par Dieu, qui est, lui, principe et créateur de tous ce qui visible et invisible, comme cela est dit dans l'épître adressée aux Colossiens3. 1I Timothée 1 : 6. 2Romains 4 : 15. 3C.f. Colossiens 1 : 15 – 20.
  4. Au fait pour info : hereticus consolatus (ou heretica consolata) C'est la personne qui a reçu le consolamentum ou baptême de l'Esprit Saint par imposition des mains.
  5. Un grand merci Raoul, je vois que j'ai fait quand même plusieurs erreurs de sens. votre relecture m'aide beaucoup à mieux saisir ce genre de texte.
  6. Bonjour Raoul, Toujours fidèle au poste. Merci. Rien ne presse bien entendu. Je suis bien curieux d'avoir votre avis.
  7. Bonjour à tous, J'ai repris mes travaux de traduction sur l'Inquisition et le catharisme. Ce texte me pose quelques problèmes, comme d'habitude, de compréhension et de traduction. Le texte est difficile à traduire parce que ce long texte est composé de deux phrases seulement ! On aimait visiblement les phases à rallonges. Je ne suis pas bien certain du sens de certains passages, notamment à la fin. Merci de me dire ce qu'il faudrait que je modifie, j'ai pris quelques libertés avec le texte. Merci. In nomine Domini, Amen. Anno Domini Millesimo ducentesimo quadragesimo quinto. Indictione tertia die undecimo intrante Augusto. Cum ego frater Rogerius de ordine fratrum Predicatorum Inquisitor hereticorum, a Sede Apostolica in Tuscia deputatus inquirere, apud Florentiam inveni Pacem de Barone et Baronem fratres filios olim Baronis de heresi publice infamatos esse, contra quos inquisitione diligenti facta inveni quod in domibus ipsorum episcopi hereticorum Burnettus et Torsellus et alii quam plures heretici sunt receptati, ubi iniqua conventicula celebrantes hereses pluries docuerunt, sicut patet per confessiones plurium fide dignorum, et quod, Barone sciente, sicut ipse idem Baro confessus est, Iohannes condepnatus hereticus, quem credentes de carcere communis per violentiam extraxerunt, in domo ipsorum murata fuit receptus, sicut constat per attestationes plurium fide dignorum, et quod ipse Baro ordinavit hereticos in domo predicta, sicut attestantur plures, quos ipse Baro ordinavit hereticos, qui ab heresi ad fidem catholicam reddierunt, et quod Belliottam matrem suam consolatam hereticam scientes eam hereticam longo tempore tenuerunt; cum per Episcopum fiorentinum et per me inquisitorem fuisset pluries et publice predictum, quod omnis qui sciret haereticos, deberet eos denuntiare, et super hoc fuisset per Episcopum facta excomunicatio et per me inquisitorem lecta capitula in publica predicatione per dominum Gregorium fellicis memoriae contra hereticos edita, ipsi nec Episcopo nec mihi aliquid denuntiaverunt, quapropter vocatis eis et receptis ab eis super predictis iuramento et cautionibus idoneis, quod dicerent veritatem tam de se quam de aliis, et quod in omnibus Ecclesie obedirent mandatis, inveni eos in pluribus deierasse; unde ne tanta facinora remaneant impunita domum supradictam muratam et altam, que iuxta domum domini Guidengi medici et iuxta domum filiorum Marchi et iuxta vicum qui protendit ab Arno usque ad Burgum sanctorum Apostolorum, de consilio sapientum, omnipotentis Dei nomine invocato, pronuntio et sententio penitus diruendam et nullo tempore rehedificandam, ut ibi sit receptaculum sordium, quod fuit latibulum perfidorum, ipsos autem pro periurio et pro eo quod post iuramentum et obligationem prestitam cum Potestate Florentina laboraverunt, quod ego, cum ad curiam properarem, in favorem hereticorum et in iniuriam fidei et Ecclesie ponerer in banno, ut negotium inquisitionis impediretur, et quod predictus Baro <et frater> notarium fidei accusaverunt quod astabat mihi et quod scribebat acta contra hereticos, et in multis aliis contumaces et inobedientes steterunt, condepno eos in libris mille pysanorum, quas deputo in negotiis fidei expendendis et pronuntio perpetuo eos infames, et quod non possint ad aliqua publica officia et quod ab omnibus legitimis actibus tamquam periuri et credentes, fautores et receptatores hereticorum sint penitus alieni, et si in aliquo predicte sententie contradixerint, (seu) inobedientes extiterint et cum Potestate vel cum aliqua alia persona contra aliquid attemptaverint condemno insuper in aliis mille libris, quibus obligati sunt in manibus dicti Episcopi florentini et meis recipientis pro Romana Ecclesia, de quibus omnibus habemus idoneas cautiones, et omnia alia eorum bona tam mobilia quam immobilia, tamquam hereticorum iudico publicanda, et ex nunc pronuntio publicata, salvis aliis penis suo loco et tempore ab Ecclesia infligendis, reservata mihi in omnibus plenarie potestate dispensandi cum eis in aliquibus, sicut eorum humili confessioni et correptioni iudicavero convenire. Au nom du Seigneur, Amen. En l'an du Seigneur 1245, indiction 3, le 11 du début du mois d’août. Alors que moi, frère Rogerio, de l'ordre des frères Prêcheurs, inquisiteur des hérétiques, envoyé enquêter en Toscane par délégation du siège apostolique, j'ai trouvé à Florence que Pace de Barone et Barone, frères, fils du défunt Barone, sont de notoriété publique de l'hérésie. J'ai trouvé, par l'inquisition que j'ai diligentée à leur encontre, que les évêques des hérétiques, Burnetto et Torsello, ainsi que plusieurs autres hérétiques, furent reçus dans leurs maisons dans lesquelles ils enseignèrent plusieurs fois, en pratiquant l'hérésie, lors d'iniques conventicules, comme le prouvent plusieurs confessions de personnes dignes de foi ; que, en toute connaissance de Barone, comme ce Barone lui-même l'a confessé, Giovanni, hérétique condamné, que les croyants ont libéré par violence de la prison communale, fut reçu dans leur maison fortifiée, comme l'attestent plusieurs personnes dignes de foi ; que ce Barone fit venir les hérétiques dans sa maison susdite, comme l’attestent plusieurs personnes, qui abandonnèrent l'hérésie et revinrent à la foi catholique, qui disent que ce Barone les fit venir dans la maison susdite ; qu'ils gardèrent longtemps Beliotta, leur mère, hérétique consolée, en sachant qu'elle était hérétique ; et ils ne dénoncèrent quoi que ce soit à l’évêque ou à moi-même alors que l'évêque de Florence et moi-même, inquisiteur, avons appelés, à plusieurs reprises et publiquement, tous ceux qui connaissaient les hérétiques à venir les dénoncer, et que de surcroît, l'excommunication <des hérétiques> fut faite par l’évêque et par moi, inquisiteur, après lecture, lors d'une prédication publique, de la charte éditée contre les hérétiques par le seigneur Grégoire, d'heureuse mémoire. C'est pourquoi, ils furent convoqués et entendus par nous sur les faits susdits, sous serment et sous caution conséquente de dire la vérité sur eux-mêmes et sur les autres et d’obéir en tous points aux ordres de l’Église, mais nous avons trouvé qu'ils se sont parjurés sur plusieurs faits. C'est pourquoi, comme autant de forfaits ne doivent pas rester impunis, nous déclarons et jugeons, après avoir prié le Dieu tout puissant et pris conseil des sages, que la susdite maison, haute et fortifiée, sise à côté de la maison du Seigneur Guidenghi, médecin, et à côté de la maison des fils de Marchi, le long de la route qui va de la rivière Arno jusqu'au bourg Santi Apotres, soit complètement détruite et ne soit jamais reconstruite à l'avenir, afin que ce lieu serve de dépôt d'ordures parce qu'elle fut la cachette des perfides, et qu'eux-mêmes, en raison de leur parjure et pour ce qu'ils firent après leur serment et la garantie de leur caution, travaillent <à sa destruction> avec le potesta de Florence, parce qu'il a cherché à entraver la bonne marche de l'Inquisition auprès de la curie, pour la défense des hérétiques et au détriment de la foi et de l’Église, en me plaçant, moi, sous amende. Je condamne aussi les susdits frères Barone à mille livres pisanes, que je délègue à l'affaire de la foi pour ses dépenses, parce qu'ils attaquèrent en justice le notaire de la foi pour la raison qu'il m'assistait et rédigeait les actes à l'encontre des hérétiques, et aussi parce qu'ils se sont montrés à plusieurs autres reprises obstinés et désobéissant. Je les déclare enfin infâmes, en tant que parjures, croyants, fauteurs et receleurs des hérétiques, afin qu'ils ne puissent plus jamais exercer un quelconque office public et rédiger des actes légaux. Et si jamais ils s'opposent ou se montrent désobéissant et s'attaquent à quelqu'un, avec le potesta ou une quelconque autre personne, je les condamne en outre à mille autres livres. <En garantie> de toutes ces décisions, nous avons les cautions conséquentes et je juge que tous leurs biens, mobilier et immobilier, doivent être confisqués et ordonne dès à présent leur confiscation, et je me réserve en toutes choses, le pouvoir plénier de les dispenser des autres peines salvatrices que l’Église doit infliger ici bas et maintenant, si je juge que leur humble confession et amendement conviennent.
  8. Bien vu Raoul pour appellationum, ne peut-on pas aussi comprendre dans ce cas là que ce procès intenté contre les inquisiteurs visait à blanchir les personnes citées à comparaître devant l'inquisition, et que ce sont ces citations de l'inquisition qui les persécutaient ou, du point de vue des personnes citées, qui étaient persécutés par ces citations à comparaître ?
  9. Bonjour, Je me suis lancé dans la traduction d'un nouveau procès de cathares, je tombe toujours sur des passages que j'ai du mal à comprendre, aussi je reviens vers vous pour avoir de l'aide. Je souligne en gras le passage en question. Ramundus de Baffinhaco, presentibus domino episcopo, fratribus predicatoribus et me notario supradictis, dixit et confessus fuit quod annus et dimidius est vel circa, ut sibi videtur, quod venit apud Castras magister Arnaldus Matha de Carcassona cum quondam eius socio, scilicet dicti magistri Arnaldi Mathe, eiusdem loci de Carcassona, quadam die de qua non recordat ad presens, et de cuius socii nomine dixit se non recordari ad presens, ex parte consulum et communitatis Carcassone ad exponendum eis, scilicet consulibus de Castris et consilio eorum, processum appellationum quas persequebantur vel persequi intendebant contra inquisitores heretice pravitatis de Carcassona. Raimond de Baffinhac, en présence du seigneur évêque, des Frères Prêcheurs et de moi, notaire susdit, a dit et confessé que, il y a un an et demi environ, à ce qu'il lui semble, un jour dont il ne se souvient plus à présent, Maître Arnald Matha, de Carcassone, était venu à Castres avec un compagnon, à savoir dudit Maître Arnald Matha, de la même localité de Carcassonne, dont il ne se souvient plus du nom à présent, de la part des consuls et de la communauté de Carcassone pour leur exposer, c'est-à-dire aux consuls de Castres et à leur conseil, le procès des citations, qui les persécutaient ou les poursuivaient, qu'ils intentaient à l'encontre des inquisiteurs de la dépravation hérétique de Carcassone.
  10. Dans le texte, apparaît une rare description des moyens utilisés par l'inquisition pour délier les langues, mais il y a un mot que je n'arrive pas à identifier caputii, je suppose qu'il s'agit de capitis en réalité, la tête du malheureux, dans ce cas c'est une information redondante et inutile en français, qu'en pensez-vous ? posuereunt eum supinum. Demum quidam stetit et sedit supra pectus suum, exinde clausit sibi os de rostro sui caputii preiciendo aquam per eius nares, presente dicto inquisitore et multis aliis. Ils le mirent sur le dos et pendant qu'une personne se tenait assise sur sa poitrine en lui maintenant la bouche (de sa tête) fermée, de l'eau lui était injectée au moyen d'un embout enfoncé dans le nez, en présence de l'inquisiteur et de beaucoup d'autres personnes.
  11. Entendu Raoul. Cela apporte matière à réflexion. Merci.
  12. Je soumets un autre extrait à votre sagacité parce que je ne suis pas absolument certain du sens des passages en gras. Merci. Sed de angelis qui peccaverunt in celo, dicunt quod alii peccaverunt consenciendo voluntarie draconi, et isti nunquam redibunt neque unquam salvabuntur, et <non> sunt demones nisi isti. Alii fuerunt extracti per draconem violenter, et isti soli salvabuntur alii spiritus, ad supplendam et restaurandam ruinam malorum spirituum qui peccaverunt voluntarie et fuerunt in corporibus a diabolo, spiritus scilicet Ade et Eve. Et illa traducio spiritus ex spiritu est ex natura, sicut corpus ex corpore, et planta ex planta, diabolo tamen operante. Mais, en ce qui concerne les anges qui péchèrent dans le ciel, ils disent que les uns péchèrent sciemment et volontairement en suivant le dragon, et ceux-là ne retournerons jamais <au ciel>, ni ne seront sauvés un jour. Il n'existe pas d'autres démons qu'eux-mêmes. Quant aux autres, ils furent enlevés violemment par le dragon, et ce sont ces esprits seuls qui seront sauvés pour réparer et compenser la perte des esprits mauvais qui péchèrent volontairement. <Ces esprits qui furent enlevés violemment par le dragon> furent <enfermés> dans des corps par le diable, et ce sont eux Adam et d'Ève. Et ce sont eux qui engendrent l'esprit à partir de l'esprit, comme cela s’opère dans la nature où le corps naît du corps et la plante de la plante, cependant c'est le diable qui intervient.
  13. C'est beaucoup mieux, effectivement, Merci encore une fois Raoul pour votre aide aussi rapide que fidèle.
  14. Je suis arrivé à la fin de cette déposition. Et comme d'habitude j'ai bien du mal à traduire les lourdeurs juridiques de l'époque. La voici : Ego frater Oddonetus de Lanceo prior conventus fratrum predicatorum de Taurino presens fui et audivi dum dictus Jacobi Bech de Cherio sic predicta omnia et singula suprascripta in hoc libro scripta et notata de anno presenti a XXI die mensis augusti citra ac ipsa die XXI mensis predicti confesssata, in quorum testimonium hic manu propria me subscripsi presentibus dictis dominis episcopo et inquisitore ac domino Simonino de Mustis canonico taurinensi et Johannino de Gorzano qui supradicta scripsit, qui Jacobus predictus suo iuramento sponte et deliberate confesssus est omnia supradicta, ut premittur esse vera ; hoc autem scripsi MCCCLXXXVIIII die XXVIIII mensis augusti. Moi, Frère Oddoneto de Lanceo, prieur du couvent des frères Prêcheurs de Turin, fut présent et entendit tout ce que ledit Giacopo Bech, de Chieri, confessa. Et tout ce qu'il a confessé le 21 août de cette année, et avant cette date, fut consigné dans ce livre, point par point, et j'ai signé de ma propre main cette déposition en présence desdits Messeigneurs évêque et inquisiteur, de Monseigneur Simonino de Mustis, chanoine de Turin, et de Giovani Gorzano qui l'a écrite. Ledit Giacopo, a confessé sous serment, spontanément et librement, toutes les déclarations susdites comme étant véridiques. Ceci a été écrit le 29 août 1389.
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